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DE BAS EN HAUT : QUE DES SALADES !


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Écoute - epaper ⋅ Ausgabe 11/2022 vom 21.09.2022

FACILE

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Faire pousser des fruits et légumes à la verticale ? L?idée a germé dans la tête de Pascal Thomas, cofondateur de Futura Gaïa, grâce à sa fille étudiante en biotechnologies.

Les fermes verticales : beaucoup plus écologiques et rentables que les cultures traditionnelles.

Ci-contre : Lucile Duverger, ingénieure agronome, et Pascal Thomas, l’un des fondateurs de Futura Gaïa, vérifient la qualité des salades.

Ci-dessous : Racines de radis daïkon rouge

En bas : Dans la start-up Jungle, à Château-Thierry

Des salades, des herbes aromatiques, des fraises… qui poussent toute l’année, en tournant sur elles-mêmes dans des gros tubes. Cela se passe dans le Sud-Est de la France, à Tarascon, entre Arles et Avignon. C’est là que la société Futura Gaïa a installé l’une de ses premières fermes. Mais ici, pas de grands champs à perte de vue, pas de potagers, encore moins de vaches ou de moutons. Le décor fait plus penser à un film de science-fiction, et l’exploitation en question fait partie d’un nouveau genre de fermes : les fermes verticales.

L’idée est née au début des années 2000. ...

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... Où ? À l’université de Columbia, à New York, le paradis des constructions en hauteur. Avec cette idée un peu folle : produire sur place de quoi nourrir les habitants de Manhattan. Au moins une partie. Dix ans plus tard, les premières fermes verticales apparaissent dans plusieurs grandes villes à travers le monde : la Grosse Pomme, bien sûr, mais aussi à San Francisco de l’autre côté des États-Unis, Singapour, Berlin, Copenhague…

Car les fermes verticales sont un moyen de faire revenir l’agriculture au cœur des villes. En effet, elles présentent l’intérêt de n’utiliser que très peu d’espace au sol. Les plantations, elles, sont cultivées dans des bacs placés en rangs serrés sur des étagères superposées, dans un environnement fermé.

Plus de production avec moins d’eau

En France, des fermes verticales commencent à pousser çà et là. Par exemple à Romainville, dans la banlieue de Paris (encadré p. 61), ou encore un peu plus au nord, dans le département de l’Aisne, en région Hauts-de-France. C’est là que la société Jungle s’est installée dans un entrepôt d’une zone industrielle, près de la ville de Château-Thierry. À l’intérieur, sur 25 niveaux, poussent des graines de moutarde, du basilic, de la roquette, du persil… Tout cela à un rythme très rapide puisque le basilic est récolté 14 fois par an contre trois à cinq fois quand il est cultivé dans un champ. Car rien n’est laissé au hasard dans ces fermes high-tech : la quantité d’eau, la température, l’éclairage… Tout est calculé et pensé pour que les plantes se développent de manière idéale dans un climat parfaitement adapté à leur croissance. Résultat : les fermes verticales peuvent produire jusqu’à 100 fois plus que la culture traditionnelle, alors qu’elles consomment 10 fois moins d’eau. Et ce, sans utiliser de pesticides.

Pour apporter aux plantes ce dont elles ont besoin pour se développer, deux techniques principales sont utilisées : soit on trempe leurs racines dans de l’eau enrichie d’éléments pour les nourrir (ça s’appelle l’hydroponie, utilisée chez Jungle par exemple), soit on asperge ces mêmes racines (on parle alors d’aéroponie).

La tête en bas

C’est encore un troisième procédé que la société Futura Gaïa a mis au point : la « géoponie rotative ». Parce que les plantes tournent sur elles-mêmes : les pousses sont plantées sur des barres métalliques (24 en tout) remplies d’un terreau préparé selon une recette spéciale Futura Gaïa (de minuscules morceaux de bois et d’écorces, mélangés à des éléments minéraux liquides et en poudre). Les barres sont reliées entre elles pour former une roue de 2,6 mètres de long et de 1,5 mètre de diamètre, qui tourne très lentement. Pour qu’une barre revienne à son point de départ, cela prend 50 minutes. Une durée pendant laquelle chaque plante aura reçu exactement la dose d’eau et de nutriments dont elle a besoin, au moment où elle a « la tête en bas » : à ce moment-là, un liquide descend directement vers les racines et la tige. Cette technique permet d’utiliser encore moins d’eau qu’en hydroponie.

Et parce que les plantes ont aussi besoin de lumière, celle-ci, sous forme de LED, est placée au centre du cylindre. « Cette lumière remplace le soleil, explique Pascal Thomas, cofondateur de Futura Gaïa dans un reportage télé consacré à la ferme verticale de Tarascon. On recrée la meilleure journée du mois de juin.»

Ni pesticides, ni engrais chimiques

C’est en rendant visite à sa fille que Pascal Thomas a eu l’idée de cette mini-révolution agricole. Étudiante en biotechnologies, elle a, dans le cadre d’un stage de fin d’études réalisé au Canada, fait pousser des fraises. Cela en réalisant un double exploit : les fruits ont poussé sans voir la lumière du jour et ont mûri malgré les températures très froides de l’Amérique du Nord. Pour ce faire, Amélie Thomas avait préparé un terreau à base de bactéries et nutriments. Son père, venu du monde de l’informatique mais vrai « touche-à-tout », s’intéresse alors déjà au développement des fermes verticales. C’est le mariage de l’expérience de sa fille et de la culture « rotative » (qui tourne) qui va donner naissance à Futura Gaïa. Et comme les autres fermes verticales, son modèle n’utilise ni pesticides, ni engrais chimiques.

L’avenir de l’agriculture ?

Mais ce ne sont pas les seuls atouts des fermes verticales. Leurs créateurs ont d’autres ambitions : atteindre plus d’autosuffisance alimentaire. C’est-à-dire nourrir le plus grand nombre de personnes avec des cultures produites localement. Car au-delà de leur aspect industriel, ces fermes ont l’avantage de pouvoir s’implanter partout, quels que soient le climat et les conditions météo, sans utiliser trop d’espace. Et de se multiplier facilement. Ainsi, Futura Gaïa propose désormais des fermes verticales clé en main avec le matériel nécessaire et les « recettes » de terre pour les différentes plantes.

Alors, les fermes verticales sont-elles le futur de l’agriculture ? Sont-elles le moyen de résoudre une partie de la dépendance alimentaire de certains territoires, notamment les villes, et la promesse de fournir des fruits et légumes produits de manière saine ? Elles peuvent sans doute y contribuer. Ces bijoux de technologie ont un seul défaut : elles sont gourmandes en énergie. Et manquent un peu de poésie et de l’incertitude liée au changement du temps et des saisons. Personne n’est parfait !

Un potager vertical en démonstration

Depuis mai dernier, les Parisiens peuvent découvrir un potager vertical à l’Académie du Climat, un lieu ouvert en septembre 2021. À la différence des fermes décrites dans l’article, ce potager a la particularité d’être « low-tech ». Ici, pas de lumière LED, pas de de moteur, pas d’arrosage programmé par ordinateur… Ce modèle conçu par un Autrichien est tout en bois et très simple d’utilisation. En France, une association travaillant sur de nouveaux modèles de production et de consommation plus sobres, propose de multiplier ces potagers. Avec cette idée, résumée par l’un des fondateurs de l’association : « C’est tout petit, accessible à tout le monde, et si suffisamment de personnes l’utilisent, on peut avoir de réels effets.»

L’objectif est de développer ces potagers verticaux dans les grandes villes, comme Paris. Les créateurs du projet ont calculé qu’il serait possible d’implanter jusqu’à deux millions de potagers verticaux à Paris et dans les villes qui l’entourent. Ce qui permettrait d’apporter à autant d’habitants environ un tiers de leurs besoins annuels en légumes et fruits. Le projet est aussi social et citoyen : en installant des potagers dans des écoles, des cours d’immeuble, des jardins de quartiers, l’idée est de faire participer le plus grand nombre à leur construction, leur entretien, à la récolte. Et de partager des moments ensemble. Faire fructifier des tomates et de nouvelles amitiés en même temps, que demander de plus ?