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HISTOIRE: Le traité de Versailles ou la paix manquée


Écoute - epaper ⋅ Ausgabe 7/2019 vom 29.05.2019

Kaum ein Friedensvertrag ist so umstritten wie der von Versailles, der dem Ersten Weltkrieg ein Ende setzte. In diesen Tagen jährt sich seine Unterzeichnung zum einhundertsten Mal.


FACILE

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Bildquelle: Écoute, Ausgabe 7/2019

Le visage fermé, ils arrivent à deux pour représenter l’Allemagne: Hermann Müller, le ministre allemand des Affaires étrangères, et Johannes Bell, celui des Transports. Nous sommes le 28 juin 1919. Ces deux émissaires vont signer le traité de paix de la Grande Guerre. Plus de six mois avant, le 11 novembre 1918, c’était l’armistice, un arrêt provisoire des hostilités. Là, le traité de Versailles met réellement fin à la ...

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... Première Guerre mondiale. Les deux ministres savent ce qu’ils vont signer. L’Allemagne en est informée depuis le 7 mai, date à laquelle on a remis les conditions de paix au comte Brockdorff-Rantzau, diplomate allemand.

Une mise en scène calculée

Il est environ 15 heures lorsque les deux hommes entrent dans un silence de plomb dans la galerie des Glaces du château de Versailles. Le lieu n’a pas été choisi au hasard. C’est dans cette salle prestigieuse qu’en 1871, alors que la Prusse occupait la France, le roi Guillaume Ier a été proclamé empereur, fondant l’Empire allemand.

En ce 28 juin 1919, des soldats alliés escortent les deux représentants de l’Allemagne. On les fait passer devant cinq « gueules cassées », preuves vivantes des souffrances de la guerre. Un témoin dans l’assistance compare les émissaires « à des prisonniers conduits là pour la lecture de la sentence ».

On a rarement vu autant de monde autour d’une table pour la signature d’un traité (voir photo ci-dessus). En plus des Allemands, des représentants de 27 pays sont présents… mais surtout ceux des États-Unis en la présence du président Woodrow Wilson, du Royaume-Uni avec David Lloyd George, du Japon, de l’Italie et, bien sûr, de la France avec le président du Conseil Georges Clemenceau. « Le Tigre » – surnom de Clemenceau – affirme sa volonté de faire payer l’Allemagne. Wilson, lui, veut surtout stabiliser la paix avec un projet d’organisation internationale, la Société des Nations (SDN), car « l’histoire nous enseigne que la vengeance n’est pas une solution. La SDN offrira une sécurité qui jusqu’ici ne pouvait être assurée que par des alliances militaires ».

Signature des représentants allemands, Hermann Müller et Johannes Bell, sur le traité de Versailles


Une humiliation cuisante

Déjà à l’époque, les dents grincent, dénonçant « une mise en scène très élaborée et calculée pour humilier l’ennemi au maximum », comme l’observe le colonel House, diplomate américain. Mais quelles sont les clauses du traité?

Tenue pour l’unique responsable de la guerre, l’Allemagne perd 15 % de son territoire, notamment toutes ses colonies. L’Alsace-Lorraine retourne à la France, la Sarre et son charbon sont placés sous administration française. L’armée allemande est réduite à 100 000 hommes. Enfin, l’article 231 condamne l’Allemagne à payer pour tous les dégâts causés chez les Alliés. Les réparations seront fixées à Londres en mai 1921, à hauteur de 132 milliards de marks-or.

Au lendemain du traité de Versailles, l’Allemagne est sous le choc. Pourquoi écraser le pays qui a perdu lui-même deux millions d’hommes? Pourquoi ajouter de l’humiliation à de la douleur? Ce traité, très dur pour l’Allemagne, nourrira le sentiment nationaliste et le désir de vengeance, créant les conditions pour la Seconde Guerre mondiale.

LE TRAITÉ DE VERSAILLES ET LES RELATIONS FRANCO-ALLEMANDES

L’avis de l’historien allemand Gerd Krumeich, spécialiste de la Première Guerre mondiale:

« Le traité de Versailles n’a plus aucun effet concret sur les relations franco-allemandes. Et dans les relations officielles, on n’en parle plus non plus. C’est de l’histoire ancienne. Toutefois, la question de savoir si l’Allemagne était vraiment la seule responsable de la Grande Guerre continue de se poser.
Trois quarts des Français pensent que ce sont les Allemands qui ont tout détruit et dévasté pendant la guerre. Pour eux, le traité de Versailles demeure donc un traité justifié. Alors que pour les Allemands, ce dernier reste un traumatisme. On l’a vu avec le succès inattendu du livreLes Somnambules de l’historien australien Christopher Clark, paru en 2014. Sa défense des Allemands et sa responsabilisation des Serbes, des Français et des Russes dans le début de la guerre en 1914 ont touché les lecteurs et conduit à la vente de 350 000 exemplaires pour l’édition allemande. Du jamais vu! »

Fotos: Bettmann, API/Gamma-Rapho/Getty Images (2)