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La réserve naturelle des Sept-Îles


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Écoute - epaper ⋅ Ausgabe 10/2022 vom 24.08.2022

DIFFICILE

Artikelbild für den Artikel "La réserve naturelle des Sept-Îles" aus der Ausgabe 10/2022 von Écoute. Dieses epaper sofort kaufen oder online lesen mit der Zeitschriften-Flatrate United Kiosk NEWS.

Aux abords de l’île Rouzic, le ciel se couvre de grands oiseaux blancs qui volent au-dessus des têtes des passagers de la vedette des Sept-Îles. Un groupe de curieux a embarqué ce matin pour partir à la découverte de la plus importante réserve naturelle ornithologique de France.

Situé à 7km au large de Perros-Guirec, l’archipel des Sept-Îles accueille 27 espèces d’oiseaux nicheurs, parmi lesquelles une dizaine d’oiseaux marins. Sur Rouzic – surnommée « l’île aux oiseaux » – près de 25 000 couples d’oiseaux y ont été recensés en 2021, dont 19 000 couples de fous de Bassan. Depuis la côte juste en face, l’île semble couverte de neige, tant les oiseaux y sont nombreux. Le lieu est unique : c’est le seul site français à compter une colonie de fous de Bassan, sur les 54 présentes dans le monde.

Un oiseau fidèle

Avec une envergure de 1,80 mètre, un poids de 2,5 kg, des yeux bleus soulignés d’un ...

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... trait noir et des plumes jaunes sur la tête et le cou, le fou de Bassan est la star de l’archipel. C’est aussi le plus grand oiseau marin de France métropolitaine.

Chaque année, de février à septembre, il vient à Rouzic pour s’y reproduire et nicher. De la ponte à l’envol des jeunes, les couples passent ici plusieurs mois, avant de repartir hiverner dans des zones méditerranéennes et en Afrique de l’Ouest.

En février, les mâles paradent pour séduire les femelles. Le choix du partenaire est important car les fous de Bassan se mettent en couple pour la vie. Madame fou de Bassan ne pond qu’un seul œuf, courant avril-mai. Le couple se relaie ensuite pendant 40 jours pour le couver, puis pour nourrir le poussin après l’éclosion, au mois de juin. Les parents peuvent voler jusqu’à 500 km pendant 20 à 30 heures, pour chercher de la nourriture pour leur petit.

Si le fou de Bassan est fidèle à son partenaire, il l’est aussi à son nid. Il revient chaque année sur le même site, et retrouve toujours son nid parmi les milliers que comporte l’île. Au fil des années, le nid s’épaissit. Le couple l’agrémente d’herbes marines, plumes, carcasses de poissons, guano, et débris de toutes sortes.

Puis vient l’envol des jeunes. La première année de sortie en mer de ces jeunes adultes est une hécatombe. La moitié n’y survit pas. Apprendre à pêche seul est loin d’être facile ! Au cours de sa vie (une quinzaine d’années), un couple de fous élève environ trois poussins qui réussiront leur passage à l’âge adulte.

Un sanctuaire exceptionnel

Rouzic est interdite à l’homme – sauf pour quelques scientifiques. On ne peut donc observer la colonie que depuis le bateau. La quiétude de l’île attire dix espèces d’oiseaux marins, autres que les fous de Bassan, dont des guillemots de Troïl, des fulmars boréaux, ou encore des pingouins torda. Mais pas seulement… Une trentaine de phoques gris vit aux abords de l’île et y élève ses blanchons. C’est d’ailleurs la première colonie de reproduction française.

Parfois, les passagers des vedettes ont le plaisir de voir passer des bancs de dauphins, de marsouins, et même, récemment, une baleine à bosse.

Enfin, l’autre star de l’archipel est le macareux moine. Surnommé « clown des mers » ou « perroquet des mers », cet oiseau marin au plumage noir et blanc et aux pattes palmées orange, est en danger critique d’extinction. De 14 000 individus dans les années 1950, il en reste moins de 200 aujourd’hui. Il est notamment l’emblème de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). La réserve des Sept-Îles doit d’ailleurs sa création à ce petit oiseau. La colonie de macareux des Sept-Îles est la dernière de France.

Jusqu’en 1912, la chasse au macareux était une activité prisée des Parisiens, qui rapportaient son bec en trophée. En quelques années seulement, la population de macareux a chuté drastiquement. Devant ce massacre, une poignée de défenseurs de la nature obtient que la chasse soit interdite sur l’archipel : une première réserve ornithologique privée est créée. En 1976, l’archipel est classé réserve naturelle nationale par le ministère de l’Environnement.

Les nids, espacés les uns des autres de 60 cm, sont surveillés en permanence via des caméras, qui se rechargent grâce à des panneaux solaires. En effet, les scientifiques essaient de fouler le moins possible ce sanctuaire. « On fait une visite annuelle pour recenser la population d’oiseaux », explique Pascal Provost, conservateur de la réserve, rattaché à la LPO. Les autres débarquements sur l’île servent aux études (prise de mesures, pose de bagues et d’émetteurs sur les oiseaux…) en lien avec le CNRS (Centre national de la recherche scientifique).

Un projet d’agrandissement

Malgré ces conditions de vie optimales dans la réserve, les scientifiques constatent le début d’un déclin de la population. « Depuis quelque temps, on observe une baisse de la reproduction et une mortalité des poussins très importante. Cela est dû à un stress nutritionnel : une baisse des ressources alimentaires, notamment du nombre de maquereaux », reprend Pascal Provost.

Le taux de survie des adultes a également diminué. Lors de l’hivernage, certains sont accidentellement pris dans des engins de pêche au large de la Mauritanie, lorsqu’ils ne sont pas sciemment attrapés. En 2013, lors d’un contrôle maritime non loin des côtes mauritaniennes, 95000 fous de Bassan avaient été découverts congelés dans les conteneurs d’un chalutier chinois. Les oiseaux auraient été capturés illégalement pour être consommés en Asie.

Sans compter les pertes dues aux marées noires, dégazages, microparticules de plastique et de mercure dans leur nourriture ou encore à l’extraction de sable, qui détruit l’écosystème marin.

« Moyennant quoi, la réserve se porte bien, rappelle le conservateur de la LPO. Il est même question de l’agrandir. Actuellement, une enquête publique est menée afin que les ministères de la Pêche et de la Transition écologique puissent établir un décret d’ici la fin d’année pour étendre la réserve jusqu’à 19700 hectares ! » Cette extension permettrait une plus grande zone de tranquillité de pêche pour les oiseaux et des reposoirs plus nombreux, lorsqu’ils parcourent des centaines de kilomètres pour se nourrir. Le projet d’agrandissement prévoit d’interdire des activités industrielles (extraction minière, éoliennes...) et la conduite de jet-skis. La pêche professionnelle, à pied, le kayak, la plongée et autres activités de loisir resteront autorisés, sauf du 1eravril au 31 août dans une zone de 1,3 km 2. Cette zone interdite fait grincer des dents une vingtaine d’associations de plaisanciers et de pêcheurs. « Mais la zone de quiétude ne dépassera pas la surface actuellement définie, affirme Pascal Provost. Nous avons bon espoir que le décret sera adopté, car 30 % du territoire national devait être couvert par des aires protégées d’ici 2022.»

Les eaux françaises restant très mal protégées, avec à peine 1,5 % en protection forte, le chemin est encore long. Mais la réserve des Sept-Îles pourrait être une nouvelle étape vers une meilleure protection de la faune française.

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Pourquoi ce nom: fou de Bassan?

Le fou de bassan est endémique de l’océan Atlantique Nord. Une importante colonie est établie à l’île de Bass, au large des côtes écossaises – d’où le nom de « Bassan ». Et l’étymologie de « fou », alors ? Elle vient du fait que cet oiseau semble un peu fada… Lorsqu’il pêche, il effectue des piqués d’une hauteur de 40 mètres, à plus de 100 km/h. Il fond sur les poissons, et les avale avant même d’avoir regagné la surface. Et si sa proie tente de fuir, il la poursuit sous l’eau. Le fou de Bassan peut atteindre 25 mètres de profondeur pour prélever sa nourriture. Généralement, l’immersion ne dure pas plus de cinq à sept secondes. En plus d’être un pêcheur hors pair, c’est aussi un planeur élégant. Il aurait même inspiré les lignes du Concorde…