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LANGUE: Ces expressions de la langue française Histoires et origines : FACILE


Écoute - epaper ⋅ Ausgabe 1/2019 vom 19.12.2018

Aufgepasst, jetzt wird es bildhaft! Hier erfahren Sie, warum die Franzosen den Kühen den Tod wünschen, eine weiße Nacht verbringen, immer noch für den preußischen König arbeiten oder nicht gerne Arthur genannt werden. Viel Vergnügen!


Elles sont abondamment utilisées et en disent long sur chaque époque. Les expressions imagées font partie de la langue française depuis des siècles et sont employées bien souvent sans qu’on en connaisse leur sens premier. Retour sur l’origine de quelques-unes de ces locutions.

« Buller »
À l’origine de ce verbe se trouve l’expression issue de l’argot militaire « coincer la ...

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Bildquelle: Écoute, Ausgabe 1/2019

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« Buller »
À l’origine de ce verbe se trouve l’expression issue de l’argot militaire « coincer la bulle ». La bulle, ici, est celle du niveau, un outil bien connu des maçons puisqu’il leur permet de s’assurer qu’une surface est bien plane. Pendant la guerre, cette même bulle permettait aux soldats de vérifier qu’un mortier était parfaitement bien disposé pour tirer ses bombes le moment venu. Une fois la bulle coincée entre les repères, on attendait les ordres, ce qui pouvait durer longtemps. Pas sûr qu’on se reposait, comme le veut l’expression aujourd’hui. Mais en tout cas les civils apprécient de pouvoir « coincer la bulle », au point même de résumer l’expression au simple verbe « buller », qui signifie ne rien faire. Trois mots, c’est fatigant à prononcer, un seul suffit !

« Poser un lapin ›»
Quand on « fait le pied de grue », c’est-àdire quand on attend en vain une personne à qui on a donné rendez-vous, alors on dit qu’on s’est fait « poser un lapin » ou encore qu’on nous « a fait faux bond ». Pour retrouver l’origine de cette expression, il faut remonter à l’argot du XIXe siècle. À cette époque, un « lapin » désignait un refus de paiement. Ainsi, l’expression s’utilisait quand un client ne payait pas une prostituée pour les faveurs qu’elle lui avait accordées. L’attente non comblée d’un paiement a donc glissé vers l’attente de ne pas voir arriver la personne attendue.

« Faire un carton »
Il ne faut pas confondre le singulier et le pluriel : « faire un carton » n’a rien à voir avec « faire ses cartons ». Dans le premier cas, on obtient un succès éclatant. Dans l’autre, on emballe ses affaires pour déménager. L’expression date du début du XXe siècle et fait référence aux cartons qui servent de cible aux tirs au fusil, en particulier dans les fêtes foraines. Ainsi, quand on « fait un carton », c’est qu’on vise juste et qu’on remporte une victoire. Vers la fin du XXe siècle, on passe au verbe « cartonner », plus rapide, pour parler soit d’une réussite (« Il a cartonné à son examen ! »), soit d’un accident de voiture (« Elle a cartonné sa voiture la semaine dernière. »).

« Mort aux vaches ! »
La vache, considérée comme sournoise avec ses coups de sabot qui ne préviennent pas, n’avait pas bonne réputation autrefois. L’occupation de l’Alsace-Moselle après la défaite de 1870 n’était pas non plus bien vue. Et comme il était inscrit au-dessus des postes de garde des militaires allemands le motWache , il n’en a pas fallu davantage pour le transformer en « vache », dans un mauvais franco-allemand. Et c’est ainsi que des Français ont pu crier l’injure « mort aux vaches ! » pour s’en prendre aux militaires, lorsqu’ils passaient devant les casernes allemandes. Aujourd’hui, l’expression s’utilise toujours face à tout représentant de l’ordre public.

« Se faire appeler Arthur »
Le prénom « Arthur » est redevenu à la mode depuis les années 1980. Pourtant, il n’est pas vraiment agréable de « se faire appeler Arthur ». Cela signifie qu’on se fait gronder, disputer, en un mot, engueuler ! Une explication remonte à l’occupation allemande, quand le couvre-feu était fixé à 20 heures(acht Uhr ) et que ne pas le respecter pouvait coûter cher. Là encore dans une adaptation mi-française, mi-allemande, se faire rappeler à l’ordre devient « se faire appeler Arthur ».

« Travailler pour le roi de Prusse »
Cette expression signifie travailler pour rien. Elle remonterait au XVIIIe siècle, à l’époque où le roi de Prusse Frédéric- Guillaume Ier, qui régna de 1713 à 1740, payait si peu ses soldats. Voltaire disait de lui : « C’était un véritable vandale qui, dans tout son règne, ne songea qu’à amasser de l’argent. […] Jamais sujets ne furent plus pauvres que les siens. »

Et son successeur Frédéric le Grand (roi de Prusse de 1740 à 1786) avait la même réputation. Plusieurs générations de rois de Prusse peu généreux ont ainsi eu, aux yeux des Français, le défaut de faire travailler les gens sans les payer suffisamment, voire pas du tout.

« Se prendre un râteau »
L’expression « (se) prendre un râteau » est récente, pourtant le problème ne date pas d’aujourd’hui puisqu’on « se prend un râteau » quand on se fait éconduire. La personne repoussée a mal et se sent même ridicule, tout comme ce qu’on ressent lorsqu’on marche sur les dents d’un râteau et que l’on se prend le manche en pleine figure ! Il s’agit donc de faire attention à là où on met les pieds, et d’être sûr de la personne à qui l’on fait des avances, pour éviter d’être embarrassé.

« Tomber dans le panneau »
Cette expression signifie se faire piéger, se laisser duper par quelqu’un ou quelque chose. Son origine remonte au XIIIe siècle et aux pratiques de la chasse. À l’époque, un chasseur tendait un piège en couvrant un trou d’une étoffe ou d’un filet, appelé « ≠ », dans lequel se prenait alors le gibier. Rien à voir donc avec les panneaux de signalisation de la route.

« Passer une nuit blanche »
Cette expression signifie ne pas dormir. Au lieu de profiter de l’obscurité de la nuit et de s’abandonner aux « bras de Morphée », voilà qu’on fait tout le contraire et qu’on garde les yeux ouverts. C’est ainsi que le noir devient blanc. C’est aussi l’image qu’a utilisée la marquise du Deffand dans une lettre écrite en 1771 à un écrivain anglais auquel elle racontait son insomnie. Autre explication possible quant à l’origine de cette expression, la fréquentation de Saint-Pétersbourg, en été, par toutes sortes de visiteurs français au temps de Catherine II (1729-1796). La vie nocturne y était très animée et les « nuits blanches » s’y succédaient. On ignore cependant si, le lendemain, le jour était « long comme un jour sans pain », interminable et ennuyeux !

« Une coupe sombre »
Voilà bien une expression qui fâche tout le monde. Réaliser, faire ou procéder à « des coupes sombres » vient du jargon des forestiers, mais elle est employée à contresens. Pour eux, une coupe sombre n’a rien de négatif. Au contraire, c’est une manière de favoriser le développement d’une forêt, en retirant quelques arbres pour en laisser d’autres s’épanouir tout en conservant un sous-bois obscur. Ce qui s’oppose à la « coupe claire » qui consiste à abattre un grand nombre d’arbres pour laisser entrer la lumière dans la zone. Or, pour tout le monde aujourd’hui, une coupe sombre est un mauvais coup qui consiste à supprimer massivement des emplois ou des crédits. Du coup, même les forestiers peuvent être fâchés quand le gouvernement annonce des « coupes sombres »…

« C’est la croix et la bannière »
Sans remonter jusqu’aux croisades, mais plutôt à l’Italie, voici une des nombreuses expressions qui prennent racine dans le catholicisme. Et en Italie, on s’y connaît en la matière ! Les processions, derrière la croix du Christ et les bannières de la Vierge ou d’autres saints, n’ont jamais été simples à organiser avec leur protocole, leurs règles et « tout le saint-frusquin ». Déjà au XVe siècle, l’expression annonçait de grandes difficultés. Ça n’a pas changé, ça a même empiré ! De nos jours, quand « c’est la croix et la bannière », c’est quasiment « mission impossible ».


Illustrationen: Nishant Choksi, Fotos: Alena Ohneva, F8 Studio, Picsfive/istock (3)