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LANGUE: Parlez-vous le régionalisme?


Écoute - epaper ⋅ Ausgabe 8/2018 vom 25.07.2018

Eine gute Nachricht für alle, die Französisch lernen: Es gibt in dieser Sprache nicht viele Dialekte. Und nun die schlechte Nachricht: Es gibt regionale Unterschiede, die die Verständigung schwierig machen können.


FACILE

Vous êtes au marché de Lyon. Vous demandez au vendeur de fruits et légumes quelques betteraves et un peu de mâche, cette plante verte que l’on mange en salade. Ce dernier risque peut-être de ne pas vous comprendre. Car dans la région de Lyon, on ne dit pas « betterave » ni « mâche », mais « carotte rouge » et « doucette ». Ce sont deux exemples de « régionalismes », ces mots qu’on ne ...

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Bildquelle: Écoute, Ausgabe 8/2018

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Vous êtes au marché de Lyon. Vous demandez au vendeur de fruits et légumes quelques betteraves et un peu de mâche, cette plante verte que l’on mange en salade. Ce dernier risque peut-être de ne pas vous comprendre. Car dans la région de Lyon, on ne dit pas « betterave » ni « mâche », mais « carotte rouge » et « doucette ». Ce sont deux exemples de « régionalismes », ces mots qu’on ne trouve que dans une région et pas ailleurs. Avec sonAtlas du français de nos régions , paru il y a quelques mois, le linguiste Mathieu Avanzi (interview p. 31) propose de partir à la découverte de ces expressions locales à travers une centaine de cartes thématiques. Celles-ci montrent les différences amusantes entre les voisins francophones (Suisses, Belges), ou dans un même pays, voire dans une même région. Ces divergences existent aussi au niveau de la prononciation. Petit résumé de la situation.


Dans la région de Lyon, on ne dit pas « betterave » mais « carotte rouge ».



En Provence, un « crayon de papier » se dit « crayon gris ».


QUELQUES EXEMPLES DE PARTICULARITÉS RÉGIONALES

Expressions locales
Le pain au chocolat Pour désigner un « pain au chocolat », les habitants du Sud-Ouest disent fièrement « une chocolatine ». D’ailleurs, en 2017, des lycéens de Montauban ont écrit au président de la République pour que le mot « chocolatine » fasse son entrée dans tous les dictionnaires !
En regardant attentivement la carte, on découvre d’autres variantes de cette viennoiserie : « croissant au chocolat » en Lorraine, « petit pain au chocolat » dans le Nord et l’Est de la France, ou encore « couque au chocolat » en Belgique.

Le crayon
Voilà l’exemple parfait d’une expression multirégionale. Le crayon pour écrire sur du papier a été inventé par le physicien français Nicolas-Jacques Conté en 1795. Pourtant, aucune dénomination stable n’a jamais réussi à s’imposer. Il est appelé selon les régions tout simplement « crayon », ou « crayon de bois », « crayon à papier », « crayon de papier », « crayon papier », « crayon mine » ou « crayon gris ». Les Québécois ont même une tout autre expression : ils parlent d’un « crayon de plomb ».

Fermer à clef Quand on quitte sa maison, on la ferme à clef. Mais on ne l’exprime pas tous de la même façon. Dans le Centre-Ouest, on utilise le verbe « barrer », en référence à la barre en bois qu’on utilise pour bloquer une porte. Dans certaines régions comme la Normandie, cette barre est une clenche, ce qui a donné le mot « clencher ». En Suisse, on dit « cotter » – la cote étant un morceau de bois qui sert, lui aussi, à bloquer une porte.

Prononciation
Le poulet
En français, les mots se terminant par « et » se prononcent [ɛ]. Pourtant, dans une grande partie de la France, les gens disent « poulet » avec un « é » fermé : [pule].

Le persil
Dans le Centre de la France, on ne prononce pas le « l » final de persil. La plupart des dictionnaires français proposent uniquement la prononciation sans consonne finale : [pɛʀsi]. Pourtant le « l » sonne partout ailleurs dans le reste de l’Hexagone.

Mathieu Avanzi auteur de l’Atlas du français de nos régions

Vous êtes originaire de Savoie. Quelles sont les expressions régionales de votre enfance?
En Savoie, il y a un phénomène étrange : on dit « j’y » à la place de « je » : « j’y mange », « j’y fais »… C’est un régionalisme emblématique. On dit aussi « adieu » pour se dire « bonjour ». La « serpillère » est une « panoss », et « débarouler » signifie « tomber en roulant ». Ce sont des régionalismes que tous les habitants de Savoie connaissent sans forcément savoir qu’il s’agit de mots qui ne s’utilisent pas partout.

Vous avez vécu en Suisse et en Belgique, avezvous été confronté à des régionalismes étranges?
En Suisse, la première fois qu’on m’a proposé un « cornet » (un sac) au supermarché, c’était bizarre. Un jour, un collègue m’a demandé si je savais jouer au « fot » [fOt] (au foot), j’ai été surpris ! Quand j’invitais quelqu’un à dîner, je devais préciser si c’était pour le midi ou pour le soir. Aussi, lorsque je donnais mon numéro de téléphone en Suisse ou en Belgique et que je disais « soixante-dix », les gens comprenaient « soixante », puis « dix ». Il fallait évidemment dire « septante ».

Comment avez-vous récolté les données pour cetAtlas ?
En 2015, j’ai commencé à mettre en place différents sondages sur Internet avec l’aide de plusieurs collègues. On invitait les internautes à répondre à des questions sur leur façon de parler. À ce jour, plus de 50 000 internautes ont pris part à ces différentes enquêtes au fil des mois. Leurs réponses m’ont permis de générer différentes cartes thématiques.

Quelles ont été les surprises lorsque vous avez analysé vos résultats?
La carte relative au mot « crayon » nous a vraiment surpris. Nous savions qu’il avait beaucoup de dénominations, mais nous ne pensions pas qu’elles seraient aussi régionales et aussi claires. Nous pensions également que tout le monde en France utilisait encore le trio « déjeuner/dîner/souper ». Or, il est apparemment seulement utilisé par les personnes âgées. Nous avons aussi constaté qu’il n’y avait pas de variations régionales entre les mots « SMS » et « texto ».

Comment voyagent ces expressions régionales?
On classe les régionalismes en trois catégories : les mots issus du vieux français, comme « souper » pour dire « dîner » ; les innovations locales, comme en Suisse où un téléphone portable se dit « Natel », contraction de « nationales » et « Autotelefon » ; enfin, les mots qui viennent du patois. Il est difficile de savoir comment ces expressions voyagent, car on n’a pas encore assez de données. Généralement, les aires géographiques où sont utilisés les régionalismes se réduisent. Mais il y a des exceptions : le mot provençal « cagnard » par exemple, qui désigne un temps très sec, est entré aujourd’hui dans le langage courant partout en France. Toutefois, les changements ne se font pas du jour au lendemain.

Les expressions régionales risquentelles un jour de disparaître?
Cela dépend des pays. En Belgique et en Suisse, on trouve toujours beaucoup de régionalismes. En France, les médias de masse diffusent le français standardisé de Paris, c’est-à-dire sans aucune expression régionale. Nos enquêtes montrent que si certains régionalismes sont effectivement en voie de disparition, d’autres ont encore de belles années devant eux. De plus, on observe sur les réseaux sociaux une lutte pour la sauvegarde des expressions locales.


Foto: ArtCookStudio/istock.com

Fotos: 7th Son Studio, studiovin, spacezerocom, Bozena Fulawka/Shutterstock (4), DR