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L’Hôtel de Ville de Paris TÉMOIN DE L’HISTOIRE DE FRANCE


Écoute - epaper ⋅ Ausgabe 1/2020 vom 18.12.2019

Auch als Bürgermeister von Paris hätte Ihnen Jacques Chirac niemals eine Geburtsurkunde ausgestellt. Er residierte in dem Pariser Rathaus, dem größten in Europa, und repräsentierte die Stadt. Aber die Geschichte dieses Gebäudes beginnt lange vorher. Ein Blick hinter die Kulissen.


MOYEN

Artikelbild für den Artikel "L’Hôtel de Ville de Paris TÉMOIN DE L’HISTOIRE DE FRANCE" aus der Ausgabe 1/2020 von Écoute. Dieses epaper sofort kaufen oder online lesen mit der Zeitschriften-Flatrate United Kiosk NEWS.

Bildquelle: Écoute, Ausgabe 1/2020

L’Hôtel de Ville, de style néorenaissance, est le symbole du pouvoir du peuple


LL’Hôtel de Ville de Paris est un lieu central de la vie des Parisiens. En 2018, ils étaient 20 000 devant le grand écran installé sur son parvis pour assister à la finale de la Coupe du monde gagnée par les Bleus. Plus récemment, en avril 2019, ...

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... c’est encore sur ce parvis que les habitants de la capitale se sont rassemblés pour se recueillir, après l’incendie de la cathédrale Notre- Dame. Bien sûr, l’Hôtel de Ville est situé en plein coeur de Paris et facilement accessible par les transports en commun. Mais cet édifice est bien plus que cela: il a été le témoin de toutes les luttes par lesquelles le peuple de Paris a conquis sa liberté à travers les siècles. Il est la mémoire de la ville et le symbole de l’esprit républicain.

Des exécutions spectacles

Au tout début, le lieu sur lequel se trouve aujourd’hui l’Hôtel de Ville était un marais. C’est d’ailleurs le nom que l’on donne encore aujourd’hui à ce quartier de Paris, le Marais, qui comprend les 3e et 4e arrondissements. En bordure de Seine, cette zone subissait régulièrement les inondations provoquées par les crues d’un fleuve encore sauvage. Au fil des siècles, les hommes ont aménagé ces rivages marécageux, et c’est ainsi que dès le IXe siècle on y trouvait des pâturages et des terres agricoles. Puis, on y construisit un port qui permettait de débarquer les marchandises. Elles étaient ensuite amenées au marché tout proche, créé en 1137 par le roi Louis VI et destiné à l’approvisionnement des Parisiens. Ce marché devint ensuite les Halles de Paris et resta actif jusqu’en 1969. Au début du XIIe siècle, le port est rudimentaire et les bateaux accostent simplement sur la grève. Et c’est ainsi que le premier nom donné à la place de l’Hôtel-de-Ville est celui de « place de Grève ». Mais ce nom est ensuite resté associé aux exécutions publiques qui s’y déroulèrent jusqu’à la fin du XIXe siècle. C’est ici que périrent, entre autres, Ravaillac, l’assassin d’Henri IV, et Damiens, qui avait tenté de tuer Louis XV. La population assistait en masse à ces châtiments qui étaient alors de véritables spectacles. Lors de la première exécution à la guillotine, le public fut d’ailleurs très déçu par la brièveté du « divertissement »

La visite du roi

Grâce au marché et au port, la place de Grève devint le centre économique de Paris. Une économie dominée par de puissants marchands qui se sont rapidement emparés du pouvoir municipal et ont choisi un représentant: le « prévôt des marchands ». En 1357, ce prévôt, Étienne Marcel, achète une maison située sur la place de Grève, la maison aux piliers. Cet édifice devient le siège de la municipalité de Paris et le restera jusqu’à sa démolition au XVIe siècle. François Ier décide alors d’honorer la capitale d’un palais à la mesure de sa grandeur. Le nouveau bâtiment est dessiné par l’architecte italien Boccador qui a déjà travaillé à Chambord. Son architecture est fortement influencée par les idéaux esthétiques de la Renaissance italienne alors en vogue.

La place de Grève et l’Hôtel de Ville en cours de construction, en 1583


Toile de Jean-Paul Laurens exposée dans l’Hôtel de Ville représentant le roi Louis XVI à qui le maire de Paris remet la cocarde tricolore, en 1789


Gardes républicains dans le salon des Arcades


L’escalier d’honneur avec ses marches en marbre blanc


Mécanisme de l’horloge de l’Hôtel de Ville


À l’époque de la Révolution française, l’Hôtel de Ville va être le théâtre d’évènements qui ont marqué l’histoire de la nation française. Le 17 juillet 1789, quelques jours après la prise de la Bastille qui marque le début de la Révolution, Louis XVI décide de se rendre à l’Hôtel de Ville. Le maire, Jean-Sylvain Bailly, qui le reçoit, lui remet une cocarde. Elle est aux couleurs de Paris – bleu et rouge. Le monarque y ajoute alors le blanc qui est la couleur de la monarchie. Et c’est ainsi que le drapeau français est né à l’Hôtel de Ville. Cette scène mémorable, et hautement symbolique, a été représentée par le peintre Jean-Paul Laurens sur une toile gigantesque qui est aujourd’hui exposée dans le salon Lobau de la mairie. Il s’agit cependant d’une version à la sauce « républicaine ». La cocarde que le maire Bailly tend à Louis XVI est déjà tricolore.

En 1793, l’Hôtel de Ville devient le siège du Comité de Salut public qui sera une sorte de gouvernement de la France révolutionnaire. On retrouve à sa tête de grandes figures de la Révolution: Danton, Robespierre, Saint-Just ou Couthon. Le 27 juillet 1794, alors que son arrestation est décidée, Robespierre se réfugie à l’Hôtel de Ville où il est arrêté dans la nuit. Il sera guillotiné le lendemain.

Incendie criminel

Nous sommes en 1870, et la France de Napoléon III vient d’être défaite par la Prusse de Bismarck. Mais les Parisiens refusent de se soumettre et s’apprêtent à défendre leur ville. Le 26 mars 1871, la Commune de Paris est proclamée sur la place de l’Hôtel-de-Ville. Cette insurrection est écrasée deux mois plus tard par les Prussiens et les Versaillais (les partisans français d’un arrêt des hostilités avec la Prusse). 20 000 Communards sont tués. La Commune décide alors de mettre à exécution la menace proférée par Louise Michel, l’une des figures emblématiques de la Commune: « Paris sera à nous ou n’existera plus ». Et le 24 mai 1871, c’est l’Hôtel de Ville qui, comme d’autres édifices représentant le pouvoir, est intentionnellement incendié.

Devant l’ampleur des restaurations à effectuer, on préfère le raser. 70 architectes participent au concours pour le reconstruire. C’est finalement le projet de Théodore Ballu qui est retenu. L’Hôtel de Ville sera tout simplement reconstitué à l’identique et conservera son style renaissance. Les travaux durent dix ans. Le nouveau bâtiment est inauguré en 1882. Il sera à son tour le témoin d’une scène emblématique de l’histoire de Paris. C’est en effet à l’une de ses fenêtres que Charles de Gaulle prononcera son fameux discours historique du 25 août 1944 célébrant la Libération de Paris. Les Parisiens n’ont pas oublié les mots du général les associant à la victoire, et qui leur rendaient leur fierté après plusieurs années d’occupation allemande: « Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! Libéré par lui-même, libéré par son peuple… ».

Temple républicain

L’Hôtel de Ville a été délibérément conçu comme un palais qui doit symboliser le prestige de Paris dans le monde. Mais ce palais n’est pas érigé à la gloire d’un roi. Bien au contraire. Comme le note Adrien Goetz, académicien des Beaux-Arts, dans son ouvrage Notre-Dame de l’humanité (éditions Grasset, 2019): « Le nouvel Hôtel de Ville est un temple républicain. »

Vu de son parvis, c’est un monument imposant. Sa longueur – 143 mètres – couvre tout l’espace compris entre la rue de Rivoli et le quai de l’Hôtel-de-Ville qui longe la Seine. Sa façade est parfaitement symétrique. Elle se compose d’un bâtiment central encadré par deux pavillons chacun flanqué d’une tourelle. Au centre, sur le toit, derrière la grande horloge, se dresse un campanile qui est le plus haut point de l’édifice, avec une hauteur de 50 mètres. Les statues qui ornent les trois étages de la façade sont celles de Parisiens illustres, savants, hommes politiques, industriels, écrivains et artistes. On y retrouve Delacroix, David, Michelet, Musset, Le Nôtre, Viollet-le-Duc et autres gloires de la République. Les allégories de la musique, de la poésie, de l’agriculture, de l’industrie, ainsi que les représentations des grandes villes de France portent le nombre de ces statues à 108. La façade, malgré tout assez sobre, cache un décor d’un faste extraordinaire.

Débauche de luxe

L’escalier d’honneur monumental comporte une cinquantaine de marches en marbre blanc. Avec ses balustres, ses colonnes, ses niches décorées de figures allégoriques, ses statues et ses figures peintes, cet escalier grandiose soutient la comparaison avec les plus beaux palais de la monarchie. On en oublierait presque que l’Hôtel de Ville est un bâtiment dont la première fonction est administrative. La salle des fêtes, la pièce centrale de l’Hôtel de Ville, a été réalisée sur le modèle de la galerie des Glaces du château de Versailles. Elle est certes moins longue, mais sa largeur et sa hauteur dépassent celles de la pièce emblématique du palais du Roi-Soleil. Mais pourquoi avoir cherché à s’inspirer de Versailles alors que c’est la République qui est ici célébrée ? Au moment où le nouvel Hôtel de Ville est construit, la République est fragile et le retour de la monarchie est encore redouté. Si on y trouve des salles d’apparat éblouissantes, c’est pour rivaliser avec la magnificence des châteaux royaux. La République veut imposer sa supériorité sur tout autre forme de pouvoir.

Session extraordinaire dans la salle du Conseil municipal en 2008, suite à la réélection du maire Bertrand Delanoë


On cherche pourtant en vain, à première vue, les valeurs de la République dans cette débauche de luxe: alignement de lustres en cristal de Baccarat qui éclairent l’immense salle des fêtes, dorures et colonnades, rideaux de soie qui encadrent les fenêtres, tapis luxueux qui recouvrent les parquets… Il faudra se tourner vers les peintures et les fresques qui ornent les murs et les plafonds pour que l’hommage à la République devienne plus évident. En effet, point d’oeuvres à la gloire des rois, ni de scènes religieuses comme dans les palais de la monarchie, mais des peintures illustrant les provinces françaises, l’histoire de la danse, de la musique et de la comédie. Et pour rappeler à ceux qui, étourdis par le luxe démonstratif de cette salle, oublieraient qu’ils sont dans un bâtiment administratif, les initiales dorées de la République française – RF – rappellent le rôle de gardien de la République de ce bâtiment.

Hymne de la Terre

Le faste ne se limite pas à la salle des fêtes. Il se retrouve sur les 2 300 mètres carrés de salons et galeries de l’édifice. Salon des sciences, salon des lettres, galerie des métiers, salles dédiées aux travaux des champs… Ce sont partout les valeurs de la République qui sont mises à l’honneur. Dans l’ancienne salle à manger, plusieurs peintures glorifient les campagnes françaises et leurs paysans, classe sociale autrefois majoritaire en France. On y trouve un Hymne de la Terre au soleil très réaliste, des peintures célébrant le pain et le vin, et des allégories de la pêche et de la chasse. Sur le pourtour du plafond, c’est un véritable bestiaire qui est exposé: chiens de chasse, sangliers, boeufs, chevreuils, moutons, renards, lièvres et faisans.

UNE RÉCEPTION À L’HÔTEL DE VILLE

Lors des grandes réceptions, le « palais » doit resplendir afin d’accueillir ses hôtes prestigieux. Dans les jours qui précèdent ces visites, le personnel de l’Hôtel de Ville est en ébullition. Chacun des corps de métiers s’affaire afin que tout soit prêt à temps. Il faut astiquer des milliers de mètres carrés de parquet, fleurir les salles d’apparat, hisser aux fenêtres des dizaines de drapeaux du pays accueilli. Des équipes de sécurité traquent le moindre danger qui pourrait mettre en péril la réception. Les tapis rouges sont déroulés et les tables dressées, avec parfois plusieurs centaines de couverts. Puis ce sont les services du protocole qui prennent la relève. Ils doivent maîtriser les règles de la bienséance afin de ne pas froisser la susceptibilité de la personnalité invitée. Il y a quelques années, la reine Élisabeth II avait dû parcourir quelques mètres sous la pluie tandis qu’un membre du protocole abritait sous un parapluie la maire actuelle, Anne Hidalgo. Un crime de lèse-majesté qui a fait perdre sa place à l’employé qui l’a commis.

Sous le toit de l’Hôtel de Ville se trouve l’une des plus grandes bibliothèques de Paris


Les combles de l’Hôtel de Ville accueillent également l’une des plus grandes bibliothèques de Paris, riche de 600 000 volumes. Sa salle de lecture, ouverte au public, est constituée d’un décor de chêne clair qui évoque la coque d’un vaisseau ancien renversé. Elle est éclairée par de grandes ouvertures dans le toit. Cette bibliothèque remplace celle qui avait brûlé dans l’incendie de 1871.

De longues galeries facilitent le passage d’un endroit à l’autre de l’Hôtel de Ville. Chacune a son originalité. La galerie des commissions conduit à la salle du Conseil municipal, où se réunissent le maire et les conseillers municipaux pour débattre des affaires concernant la ville. Ses vitraux présentent les différentes activités d’une ville moderne telle qu’on pouvait les concevoir à la fin du XIXe siècle: les travaux publics, la recherche et l’instruction, mais aussi le sport et, plus étonnamment, le commerce de luxe. Dans la salle du Conseil municipal, des figures allégoriques symbolisent la Ville de Paris et ses monuments.

À côté, la buvette n’échappe pas à la règle et abrite une grande oeuvre peinte dont le sujet, plutôt inattendu, est un banquet champêtre. Les personnages qui y participent sont pour la plupart ivres. Il s’agirait de responsables politiques de la Belle Époque. On y reconnaîtrait notamment un futur président de la République. La buvette servait peut-être encore des boissons alcoolisées à l’époque, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

14 maires en deux siècles

Aujourd’hui encore, l’Hôtel de Ville est le siège du pouvoir parisien avec le maire de Paris à sa tête. On se souvient que le premier maire de Paris a été Jean-Sylvain Bailly qui a occupé ce poste dès le 15 juillet 1789. En jetant un coup d’oeil à la liste des maires depuis cette date jusqu’à nos jours, on sera surpris de n’y trouver que 14 noms – ce qui fait peu en 230 ans. Et de fait, pendant de nombreuses années, Paris n’a pas eu de maire. Le gouvernement se méfie alors de la capitale, qui a toujours été le foyer des soulèvements populaires. Il préfère la placer sous son contrôle. Entre 1357 et 1789, la capitale est dirigée par le prévôt des marchands. Le 14 juillet 1789, le prévôt en poste,

Jacques Chirac à son bureau de maire de Paris, en 1994


Anne Hidalgo, actuelle maire de Paris, en septembre 2019


Jacques de Flesselles, est l’une des premières victimes de la Révolution. Accusé de connivence avec la cour, il est tué d’un coup de pistolet puis décapité. Sa tête est exhibée au bout d’une pique sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Bailly prend ses fonctions. Mais il sera condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire quelques années plus tard et décapité à son tour. Le deuxième maire de Paris, Jérôme Pétion de Villeneuve, se suicidera, quant à lui, pour échapper à la guillotine. La fonction de maire de Paris n’avait donc pas que des avantages sous la Révolution française… Le poste sera supprimé en 1794, après une tentative de soulèvement de la population parisienne pour sauver la tête de Robespierre. Il est rétabli en 1848, après la proclamation de la Deuxième République. Puis de nouveau supprimé en 1871, à la fin du mandat de Jules Ferry, et après l’insurrection de la Commune. Il faudra attendre plus de 100 ans pour que Paris retrouve un maire. Ce sera Jacques Chirac en 1977, élu pour la première fois au suffrage universel. Avant 1977, c’est le préfet qui fait office de personnage le plus important de la ville. Il est le représentant du gouvernement dans un département. Paris étant à la fois une ville et un département, il était facile de la priver de maire sans déroger à la loi.

Jacques Chirac, « roi » de Paris

Le poste de maire de Paris est prestigieux. On dit que c’est un tremplin pour l’Élysée, même si cela ne s’est vérifié qu’une seule fois. En 1995, Jacques Chirac était passé directement du fauteuil de maire de Paris à celui de président de la République. Chirac est resté 18 ans maire de Paris. Pendant toutes ces années, il a eu l’occasion de renforcer sa stature nationale et internationale. Dans le décor grandiose de l’Hôtel de Ville, qui lui a conféré une sorte de majesté, le maire donne des réceptions en l’honneur des hommes d’État étrangers et des têtes couronnées en visite dans la capitale. Il est alors au centre de l’attention des médias. Jacques Chirac a parfaitement su utiliser les avantages de ce statut particulier. Le maire de Paris dispose d’un bureau de 155 mètres carrés, plus grand que celui du président français ou du Premier ministre. Ses appartements de fonction sont également les plus grands de la République: 1 400 mètres carrés ! Seul le couple Chirac y a cependant habité. Le premier maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, a préféré transformer quelques pièces de ces appartements en crèche, à son arrivée. Un geste « social » qui tranchait avec le train de vie des Chirac. Il mettra également aux enchères 5 000 grands crus de la cave à vin constituée par Jacques Chirac pour renflouer les caisses de la mairie.

L’Hôtel de Ville et les mairies

La mairie de Paris est un lieu de pouvoir. Toutes les démarches administratives ont lieu dans les 20 mairies d’arrondissements. À la tête de chacune d’elles, un maire, luimême assisté de conseillers municipaux dont le nombre varie en proportion de la population de l’arrondissement. Pour élire le maire de Paris, les Parisiens élisent d’abord leurs conseillers d’arrondissement, puis le conseil d’arrondissement élit le maire d’arrondissement ; 163 conseillers d’arrondissement forment le Conseil de Paris qui désigne à son tour parmi eux le maire de Paris. Le Conseil se réunit une fois par mois et gère les affaires de la commune. En mars 2020, Paris devra choisir un nouveau maire, élu pour six ans. La maire actuelle, Anne Hidalgo compte bien conserver son siège... Affaire à suivre !

Quelques mairies originales

La France compte près de 35 000 communes, et autant de mairies. Parmi celles-ci, certaines sont plus étonnantes que d’autres. En voici cinq qui sortent de l’ordinaire.

Une mairie-château fort

Vitré est une petite ville située à l’est de la Bretagne. Son patrimoine médiéval lui vaut d’être classée « Ville d’art et d’histoire ». Son château fort construit en 1080 est l’un des plus beaux fleurons de ce passé ancien. C’est à l’intérieur de cette forteresse que se trouve la mairie. Pour autant le maire ne se prend pas pour un seigneur: Pierre Méhaignerie, trois fois ministre, est élu tout à fait démocratiquement à ce poste depuis 1977.

Toulouse rivalise avec Paris

Construit au XIIe siècle et siège du pouvoir municipal depuis ces temps lointains, le Capitole de Toulouse soutient la comparaison avec l’Hôtel de Ville de Paris. Sa façade est presque aussi large ; son fronton, ses balustres et ses colonnes en marbre évoquent également l’architecture d’un palais. Ce lustre n’est pas démenti à l’intérieur du bâtiment qui abrite de nombreux salons et bureaux richement décorés. La salle des Illustres prend aussi modèle sur la galerie des Glaces de Versailles qu’elle égale presque en surface. Les peintures qui ornent murs et plafonds retracent l’histoire de Toulouse.

Une mairie en béton

Toutes les mairies ne sont pas aussi anciennes. L’hôtel de ville du Havre, le monument phare de cette commune classée au patrimoine mondial de l’Unesco, a été érigé dans les années 1950, après que la ville a été détruite pendant la Seconde Guerre mondiale. Comme le reste de la ville, la mairie est l’oeuvre du célèbre architecte Auguste Perret. Elle est entièrement en béton. Sa tour, qui domine la ville, culmine à 72 mètres.

Un hôtel de ville écologique

Encore plus récente, la mairie de Montpellier est signée Jean Nouvel. Achevée en 2011, elle est considérée comme l’un des chefsd’oeuvre de l’architecture du début du XXIe siècle. Il s’agit d’un parallélépipède bleu tout en transparence. Il a également été pensé pour répondre aux exigences écologiques de notre époque. Son toit est recouvert de panneaux solaires et sa conception permet de faire des économies d’énergie.

Tout petit riquiqui

Terminons avec la plus petite mairie de France. Elle se trouve dans un minuscule village normand de 131 habitants, Saint-Germain-de-Pasquier. Cette ancienne chapelle en briques vouée à sainte Clotilde ne fait que 8 m2. Ce qui lui vaut d’être inscrite au Guinness des records. C’est dans cette pièce de 3 mètres sur 2,70 mètres que se tient le conseil municipal. On y célèbre aussi les mariages. Il y a assez de place pour l’édile, les futurs époux et leurs témoins. Mais les invités doivent rester dehors.

L’hôtel de ville du Havre, construit en béton armé par Auguste Perret dans les années 1950


Construit en 1190, le Capitole de Toulouse abrite les bureaux de la municipalité et un théâtre


Fotos: KovalenkovPetr/istock (Aufmacher), World History Archive (1)/akg-images (2)

Fotos: Pierre Verdy/AFP via Getty Images (Seite 20-21), Fourmy/Andia.fr

Fotos: Jean-Regis Rouston/Roger Viollet, Raymond Delalande/JDD/Gamma-Rapho/Getty (2), Andrea Mantovani/The New York Times/Redux/laif

Fotos: Maugendre, Gile/Andia.fr (2), Olivier Boitet/PHOTOPQR/Le Parisien/Maxppp/Dpa

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