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LOUIS GENESTE


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Écoute - epaper ⋅ Ausgabe 6/2022 vom 27.04.2022

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Bildquelle: Écoute, Ausgabe 6/2022

Si vous vous promenez à Paris et que vous voyez des gens restaurer la façade d’un vieux bâtiment, il ya de fortes chances qu’ils travaillent pour Louis Geneste. Cette entreprise est spécialisée dans la restauration des monuments historiques et du patrimoine ancien. À l’origine, il y eut François Geneste, chef appareilleur en 1866 sur le chantier de restauration – dirigé par Eugène Viollet-le-Duc – de la cathédrale de Clermont-Ferrand. Il dessinait les plans et indiquait comment poser les pierres. Ses fils Louis et Francisque l’aidaient.

Dans l’atelier familial de Clermont-Ferrand, le bruit du ciseau sur la pierre rythmait les journées. Les ouvriers étaient souvent couverts de poussière blanche. Génération après génération, les Geneste ont travaillé la pierre.

En 1960, Louis donna son prénom à l’entreprise familiale. De nombreux monuments d’Auvergne ont retrouvé une seconde jeunesse grâce au ...

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... savoir-faire des Geneste : les châteaux de Tournoël, d’Effiat, de Pontgibaud, l’église de Saint-Myon, le cloître de Marsat, l’abbaye de Mègemont ou encore le temple de Mercure au sommet du puy de Dôme. Louis termina sa carrière en 2006 avec la restauration de la basilique Notre-Dame-du-Port située à quelques pas de la cathédrale de Clermont-Ferrand.

Là où la saga familiale a débuté. La société est ensuite dirigée par François Pouraud, avant d’être reprise en 2019 par Stéphane Raffault et Damien Baranger, tous deux salariés chez Geneste depuis respectivement 18 ans et 10 ans. « Quand on reçoit une entreprise qui a déjà 150 ans d’Histoire, notre seul objectif, c’est de la faire perdurer après nous. On est sur une échelle de temps au-delà d’une carrière d’homme », confie Damien Baranger. Les nouveaux dirigeants veulent aussi développer la société qui compte actuellement une centaine de salariés. Depuis 2011, des bureaux à Paris permettent de restaurer des bâtiments de la capitale et de toute l’Île-de-France.

Des savoir-faire traditionnels

Qu’ils soient tailleurs de pierre, sculpteurs ou maçons, les artisans de l’entreprise Louis Geneste offrent une nouvelle vie aux vieux bâtiments. Ils n’utilisent que des pierres locales, comme autrefois : de la pierre de Volvic (aux couleurs gris sombre) en Auvergne, du calcaire blanc pour l’Île-de-France. Les carrières de Paris n’existent plus. Mais heureusement, on trouve encore de beaux blocs de calcaire dans le département de l’Oise, au nord de l’Île-de-France. Le rachat en 2006 de la société auvergnate Maurice Nailler, spécialisée dans la charpenterie et la zinguerie, permet également de rénover les toitures. La plupart des artisans sont des compagnons. Le compagnonnage est un système très ancien de formation aux métiers traditionnels, fondé sur la vie en communauté, le voyage et la transmission. L’entreprise Louis Geneste a un programme de formation afin d’enseigner son savoir-faire aux jeunes apprentis. En 2021, l’entreprise de Clermont-Ferrand a reçu deux Rubans du patrimoine, un prix qui récompense les plus belles restaurations. « C’est une fierté pour nos salariés, car ce sont eux qui ont travaillé. C’est aussi un bon moyen de communiquer autour de nos métiers d’une façon un peu plus flatteuse que la catégorie de ‘‘métiers manuels’’ dans laquelle ils sont souvent rangés », s’enthousiasme le directeur de l’entreprise.

Laisser ou inventer ?

Lors de la restauration d’un monument historique, un architecte des Bâtiments de France dirige les travaux. Il doit fournir, grâce à un travail d’enquête dans les archives, toutes les informations aux équipes de Louis Geneste sur l’aspect de la pierre, la forme d’une sculpture ou le motif d’une décoration. Les informations manquent parfois. L’architecte peut alors décider de laisser un blanc, c’est-à-dire un morceau de pierre sans sculpture ni décoration. Ou bien l’architecte choisit, avec le sculpteur ou le tailleur, de faire une interprétation. Cette interprétation peut être neutre, dans le style de l’époque de la construction du bâtiment. Ou plus originale : « L’an dernier, nous avons restauré les modillons d’une église. Les modillons sont des petits éléments décoratifs sous une corniche. Ils ont souvent la forme d’un animal ou d’un visage. Certains manquaient. Pour figurer l’année de cette restauration, l’architecte a demandé qu’on sculpte un bonhomme avec un masque chirurgical. Autrefois, les sculptures des églises incluaient des références à la situation sociale, politique et historique du pays. Certains architectes d’aujourd’hui choisissent de rester dans cette même logique », explique Damien Baranger. Parfois, la restauration d’un bâtiment en ruine consiste à sécuriser l’édifice : ne rien ajouter, mais consolider pour que rien ne s’écroule. C’était le cas de l’abbaye de Montpeyroux, dans le département du Puy-de-Dôme.

Défis techniques

L’entreprise Louis Geneste mène environ 150 chantiers par an : de la petite réparation d’une journée à la restauration complète d’un monument, qui peut durer plusieurs années. Certains chantiers sont des défis techniques. Lors de la restauration de l’immeuble Massillon, à Paris, l’État a voulu lui rendre ses deux gros dômes disparus en 1930. Par chance, l’immeuble est situé près de la cathédrale Notre-Dame. Il a donc été très photographié ! Les photos d’avant 1930 ont permis de reconstituer à l’identique les deux dômes de 3,5 mètres de haut dans l’atelier de Clermont-Ferrand. Les équipes de l’entreprise Louis Geneste ont fabriqué quatre moitiés de dôme, clouant à la main les 8 500 ardoises. Les demi-dômes ont ensuite été transportés vers Paris au moyen d’un convoi exceptionnel. Mais le camion gigantesque ne passait pas dans les ruelles de la capitale. Les dômes ont donc été embarqués sur une grosse barge spécialement construite pour supporter leurs 20 tonnes. Après avoir navigué sur la Seine, ils ont été transportés au pied de l’immeuble Massillon et déposés sur le toit à l’aide d’une grue. Quelle aventure !

Passion, histoire et patrimoine

Dans la cour Napoléon du musée du Louvre, à Paris. L’entreprise Louis Geneste ya restauré (nettoyage et consolidation de la pierre) les groupes sculptés « La Guerre et la Paix », réalisés par Auguste Préault en 1856-1857, ainsi que quatre des 86 statues dites « des Grands Hommes ».

Passion pour le patrimoine historique

Actuellement, l’entreprise Louis Geneste travaille sur de beaux projets : le théâtre de la Ville dans le 4e arrondissement, la préfecture de police, le palais de justice et la Conciergerie (sur l’île de la Cité) ainsi que des hôtels particuliers à Paris. L’ancienne halle aux blés de Clermont-Ferrand, sans compter de nombreux chantiers chez les particuliers. « La France a une chance et un inconvénient : elle a un patrimoine particulièrement dense. Une chance, car c’est une richesse pour l’histoire et pour le tourisme. L’inconvénient, c’est que cela coûte cher à restaurer », fait remarquer Damien Baranger.

Ces dernières années, le succès des lotos du patrimoine, organisés par le célèbre animateur Stéphane Bern et qui permettent de sauver des sites, et l’émotion générale provoquée par l’incendie de Notre-Dame montrent l’intérêt des Français pour les vieilles pierres. Mais le directeur de Louis Geneste rappelle qu’on ne doit pas oublier de restaurer les édifices moins célèbres que Notre-Dame : « Il ya quelques projets phares qui captent beaucoup d’argent, notamment à Paris. Il faudrait que cela soit mieux redistribué vers le petit patrimoine rural où il ya plein de choses splendides ! »

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Un restaurateur controversé

Au XIXe siècle, les vieilles pierres n’intéressent personne. Passionné par le Moyen Âge, Eugène Violletle-Duc (1814-1879) déprime de voir les beaux monuments tomber en ruine. Lorsqu’il commence sa carrière, le jeune architecte se spécialise dans la restauration. Il va ainsi « soigner » des dizaines d’églises, de châteaux et d’hôtels de ville dans toute la France. Mais Viollet-le-Duc a une vision très particulière de son métier : « Restaurer un édifice, ce n’est pas l’entretenir, le réparer ou le refaire, c’est le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé à un moment donné ». L’architecte est donc un « réinventeur » plutôt qu’un restaurateur. Par exemple, il ajoute des chimères et une grande flèche à Notre-Dame de Paris. Il fait sculpter de nouvelles décorations sur la cathédrale d’Amiens pour lui donner un aspect plus médiéval. Il reconstruit le château de Pierrefonds, qu’il transforme en « château médiéval idéal ». Ses restaurations provoquent des polémiques : l’écrivain Marcel Proust qualifie le château de Pierrefonds de « déjection » – un joli mot plus poli pour dire une... « merde ». Dans la deuxième moitié du XXe siècle, toutes les modifications de Viollet-le-Duc sur la basilique Saint-Sernin, à Toulouse, sont même retirées ! Toutefois, les Parisiens se sont attachés à sa grande flèche de Notre-Dame, détruite lors de l’incendie de 2019. Celle-ci sera donc restaurée à l’identique… Ce que n’aurait certainement pas fait Viollet-le-Duc !