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PARIS au fil de l’eau


Écoute - epaper ⋅ Ausgabe 4/2019 vom 20.03.2019
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Bildquelle: Écoute, Ausgabe 4/2019

Vue sur Paris depuis le pont Alexandre III


Sie suchen für Ihre nächste Paris-Reise noch einen zuverlässigen Reiseführer? Wir haben einen: die Seine. Sie führt Sie zuverlässig zu den bemerkenswertesten Bauwerken und Sehenswürdigkeiten, die im Laufe der Jahrhunderte an ihren Ufern entstanden sind. Alles, was Sie noch tun müssen, ist genügend Zeit mitzubringen und ihr zu folgen.

MOYEN

Entre Paris et la Seine, c’est une histoire d’amour qui dure depuis plus de 2 000 ans. Si la ville s’est développée le long de son fleuve, elle s’est aussi embellie pour mieux lui rendre hommage. Aujourd’hui, de nombreux ...

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... professionnels et badauds vivent au bord de l’eau: bouquinistes, touristes, pompiers, pêcheurs… Voguons ensemble sur la plus belle avenue de la capitale.

Paris, toujours à flot

Essayez d’imaginer Paris sans la Seine… Impossible, n’est-ce pas ? Sans la Seine, il n’y aurait ni rive droite, ni rive gauche, pas de ponts, pas d’îles, pas de bateaux-mouches (encadré p. 28)… La capitale française est intimement liée à son fleuve. Pour preuve, le blason de la ville montre un navire sur des flots. Ce dessin surmonte la devise de Paris,Fluctuat nec mergitur , qui signifie: « Il est battu par les flots, mais ne sombre pas. » C’est parce qu’ils contrôlaient le trafic fluvial que les tout premiers Parisiens – la tribu gauloise des Parisii – devinrent prospères et puissants, au point de bâtir leur capitale au bord de l’eau. Au fil du temps, malgré quelques crues dévastatrices, comme celle de 1910, la Seine est restée assez calme. Les Parisiens ont donc colonisé ses berges et construit des ponts et des passerelles entre les deux rives (il en existe 37 à ce jour). Dès la construction du Pont-Neuf et de la place Dauphine, sous Henri IV, l’urbanisme n’a cessé d’intégrer des perspectives sur les grands monuments parisiens depuis le fleuve. Résultat: en 1991, les quais de Paris sont classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

Mitterrand et Beauvoir

Commençons notre balade en suivant le fleuve en direction de la mer. Les 5e, 6e, 7e, 13e, 14e et presque tout le 15e arrondissement sont situés au sud du fleuve. Familièrement, on appelle cette zone « rive gauche ». C’est aussi le coin où intellectuels, musiciens, artistes, professeurs et étudiants aiment se retrouver.

À Paris, 37 ponts et passerelles traversent la Seine


Tours de la Bibliothèque nationale, depuis la passerelle Simone-de-Beauvoir


Les péniches-guinguettes, idéal pour faire la fête


Ici se mêlent des bâtiments industriels réhabilités et des constructions récentes. Les étudiants de l’université Paris-Diderot côtoient les artistes des Frigos – un ancien squat transformé en site de création.

À l’extrême est de rive gauche, dans le 13e arrondissement, se dressent les quatre tours de la Bibliothèque nationale François-Mitterrand1 (carte page 16). Elles évoquent des livres ouverts. L’atmosphère studieuse qui réside ici contraste avec l’ambiance festive des quais en été. Quelques bateaux accueillent des concerts et, aux beaux jours, il est appréciable de boire un verre jusqu’au bout de la nuit dans les guinguettes. Une piscine en plein air (couverte en hiver), installée sur une barge, permet de se baigner au même niveau que la Seine.

Grâce à la longue et sinueuse passerelle Simone-de-Beauvoir, on se rend sur la rive droite au niveau du quartier de Bercy. Un grand parc dessert la Cinémathèque française, dont l’architecture biscornue est due à Frank Gehry. Les anciens entrepôts vinicoles de Bercy ont été transformés en boutiques et restaurants. L’AccorHotels Arena2 étonne, avec ses parois à 45 degrés, couvertes de pelouses verticales, conçues en 1984, bien avant la mode des murs végétaux. De l’autre côté du pont de Bercy, en repassant rive gauche, la Cité de la mode et du design3 déploie sa structure moderne vert vif sur le quai d’Austerlitz. Ce lieu ouvert en 2012 consacre ses espaces à l’avant-garde de la mode et du design. On y trouve un restaurant et plusieurs clubs, dont les très branchés Nuba et Wanderlust. En face, un bateau amarré dans le port de la Rapée a été transformé en club dédié aux musiques électroniques, Le Concrete. Ce lieu de fête fait partie de cette armada de navires-bars, indépendants les uns des autres, que l’on trouve tout au long des berges de la Seine.

Une fois la gare d’Austerlitz passée, longeons le jardin Tino-Rossi. Sur cette promenade décorée de sculptures, les Parisiens viennent danser sur un air de tango. Un vrai bal populaire ! Le jardin des Plantes et le Muséum d’histoire naturelle ne sont pas loin. Voilà bientôt l’Institut du Monde arabe4 , dont l’architecture s’inspire des moucharabiehs du Maghreb. Ils reprennent aussi la forme du diaphragme d’un appareil photo. Détail étonnant: les motifs de la façade changent en fonction de la luminosité, grâce à des cellules photoélectriques.

Luxe, calme et volupté

Sur les quais de la Tournelle et de Montebello, nous entrons dans un Paris plus pittoresque: celui du Quartier latin. Il fait bon se perdre dans les ruelles médiévales à la recherche d’une librairie ancienne ou d’un cinéma d’art et d’essai. Au pied du célèbre restaurant La Tour d’Argent, toujours réputé pour son canard au sang, le pont de la Tournelle conduit à l’île Saint-Louis5 . Ce territoire de 0,11 km² a été constitué au XVIIe siècle par la réunion de deux îlots: l’île aux Vaches et l’île Notre-Dame. Un esprit de village flotte de part et d’autre de la rue centrale et le long des quais. De beaux hôtels particuliers se nichent ici et là, comme l’hôtel de Lauzun dans lequel Baudelaire vécut trois ans. « Luxe, calme et volupté », écrivait le poète… Luxe, en effet: le quartier est l’un des plus cotés de la capitale, avec un prix du mètre carré avoisinant les 15 000 euros ! Quelques célébrités (le comédien Jamel Debbouze, l’humoriste Guy Bedos, la chanteuse Brigitte Fontaine…) vivent dans ce petit nid tranquille, où les touristes ne les reconnaissent pas. Ceux-ci ont mieux à faire, comme déguster un sorbet chez Berthillon. Ce célèbre glacier est si réputé que, aux beaux jours, la file d’attente ne désemplit pas. Au bout de l’île, la place Louis-Aragon fait le bonheur des amoureux: on s’y sent comme à la proue d’un navire, en plein Paris.

Façade de l’Institut du Monde arabe, s’inspirant des moucharabiehs du Maghreb


bouquinistes proposent livres et brochures anciennes aux promeneurs.


En admirant les belles arches du pont Marie, il faut songer que les ponts du Moyen Âge étaient alors bien différents. Ceux-ci étaient « maisonnés », c’est-à-dire qu’ils comportaient des boutiques et des lieux d’habitation. Leurs arches étroites rendaient la navigation difficile, si bien que seuls les « avaleurs de nefs » avaient le droit de s’y aventurer. Très adroits, ces mariniers savaient manoeuvrer les bateaux à l’aide de perches ou de cordes en évitant les arches des ponts. Pour remonter le courant, les bateaux pouvaient être tirés grâce à des anneaux que l’on trouve aujourd’hui encore sous les ponts.

Après le pont Marie, on s’enfonce dans le Marais, l’un des quartiers les plus séduisants de la rive droite avec ses hôtels particuliers, ses pâtisseries juives et sa place des Vosges.

Nous longeons bientôt l’Hôtel de Ville puis la place du Châtelet, où trônent les théâtres jumeaux de la Ville et du Châtelet. En retournant vers le fleuve, on rejoint l’île de la Cité6 , occupée par les Parisii dès l’origine, d’où son surnom de « berceau de la capitale ». La cathédrale Notre-Dame, siège religieux pour de nombreux chrétiens, y trône. Mais elle s’admire mieux encore depuis les quais de la rive gauche, pour prendre un peu de recul. L’île de la Cité concentre une foule de curiosités dans un tout petit périmètre: une adorable placette (la place Dauphine), une chapelle royale (la Sainte-Chapelle), un ancien haut-lieu de la police judiciaire (le 36, quai des Orfèvres), et l’ancienne résidence des rois de France (la Conciergerie). Un conseil: faites un tour en fin de journée au square du Vert-Galant. Ce joli jardin entouré d’eau est l’un des endroits favoris des Parisiens pour pique-niquer ou trinquer face au Louvre et à l’Académie française.

La Seine s’écoule sur 13 km dans Paris intra-muros


Une gare-musée au bord de l’eau

En avançant le long de la Seine, on arrive dans un Paris grandiose: rive gauche, on aperçoit la coupole de l’Institut de France (Académie française) et la façade de la Monnaie de Paris, qui bordent le quartier Saint-Germain-des-Prés7 . Les cafés littéraires et les librairies ne sont plus aussi nombreux qu’avant, mais les rues pullulent encore de galeries d’art et d’antiquités.

Le pont des Arts franchit la Seine pour rejoindre le musée du Louvre8 , sur la rive droite. On arrive ainsi devant la cour carrée et l’esplanade où se trouve la célèbre Pyramide de verre, inaugurée en 1989 sous François Mitterrand. La place du Carrousel et son arc de triomphe servent de porte d’entrée au jardin des Tuileries. C’est le jardin public le plus ancien de la capitale: il a été créé en 1564 à la demande de Catherine de Médicis, puis redessiné par André Le Nôtre un siècle plus tard. À son extrémité, les musées de l’Orangerie et du Jeu de Paume accueillent de prestigieuses expositions d’art.

La passerelle Léopold-Sédar-Senghor nous fait retourner sur la rive gauche où trône le musée d’Orsay9 . Cette ancienne gare, construite pour l’Exposition universelle de 1900, faillit être rasée en 1970 pour faire place à des tours d’immeuble. Depuis 1986, on y admire la plus importante collection de peintures impressionnistes et post-impressionnistes du monde, avec plus de 1 700 tableaux signés Monet, Degas, Cézanne, Van Gogh ou Renoir. Plus loin, le palais Bourbon abrite les débats houleux de l’Assemblée nationale. Vient ensuite le ministère des Affaires étrangères, situé sur le quai d’Orsay.

Le pont de la Concorde mène à la place du même nom, qui donne accès aux Champs-Élysées. C’est le soir que « la Concorde » est la plus belle: illuminée, elle ressemble à un décor de théâtre avec son obélisque de Louxor, ses deux fontaines et les colonnes des façades de l’hôtel de Crillon et de l’hôtel de la Marine.

Plus loin, on atteint le Petit et le Grand Palais10 . Ces vastes vaisseaux de verre et de métal ont été construits à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900. Le Grand Palais, qui accueille régulièrement des expositions de renom, abrite une immense nef. Longue de 200 mètres, large de 50, elle est couronnée par une verrière de 13 500 m2, la plus grande d’Europe. Elle plafonne à 45 mètres au niveau de sa coupole. Pour se faire une idée, le lanterneau qui coiffe la coupole est placé aussi haut que le premier étage de la tour Eiffel, soit à 57 mètres ! Profitons vite d’une visite gratuite avant décembre 2020, car à cette date le palais fermera ses portes pour une rénovation de trois ans, en vue des Jeux olympiques de 2024.

Bal populaire sur un des quais de la Seine


La piscine Joséphine-Baker permet de se baigner au même niveau que la Seine.


Voici à présent le plus beau pont de la Seine, le pont Alexandre III11 . Il arbore une décoration exubérante: candélabres, lions en pierre, statues dorées… Il s’agissait alors de célébrer la nouvelle alliance avec la Russie de l’empereur Alexandre III.

Près du pont, on trouve la guinguette Rosa-Bonheur, et l’ancien entrepôt naval Le Faust, aujourd’hui transformé en restaurant-club. Tous apportent leur esprit de fête aux berges de la Seine. On y trinque et on y danse dans un décor de carte postale, avec une vue imprenable sur le pont, le dôme des Invalides et la verrière du Grand Palais. Soyons clair: les quais de Seine sont devenus incontournables !

Au pied de la Dame de fer

En remontant sur les quais rive gauche, nous voilà sur l’esplanade des Invalides. Au bout des immenses pelouses, où les Parisiens aiment pique-niquer en été, l’hôtel des Invalides dresse son dôme doré vers le ciel. Il fut commandé par Louis XVI pour abriter ses soldats devenus invalides. C’est aussi là que se trouve le tombeau de Napoléon Ier.

La Seine poursuit sa route, suivons-là jusqu’au pont de l’Alma12 . La statue du zouave, qui orne un de ses piliers, est bien connue des Parisiens puisqu’elle leur sert à estimer le niveau de la Seine. Selon la tradition, lorsque le zouave a les pieds dans l’eau, la Seine est en crue. Lors de la crue historique de 1910, le niveau de la Seine s’éleva jusqu’à 8,62 mètres. Le zouave avait alors de l’eau jusqu’aux épaules !

Plus près de nous, le destin de la princesse Diana s’est brisé ici, la nuit du 31 août 1997: sa voiture s’est écrasée contre un pilier du tunnel du pont de l’Alma. La flamme à l’entrée du pont n’a pas été mise là pour rendre hommage à Lady Di. Il s’agit juste d’une reproduction de la torche que tient la statue de la Liberté à New York. Juste en amont, ne manquez pas le jardin flottant de l’Archipel des berges de Seine-Niki de Saint Phalle13 . Aux beaux jours, on peut y faire la sieste au-dessus d’une prairie en fleurs tout en sentant les vagues de la Seine quand une péniche passe à côté.

Cité de la mode et du design, quai d’Austerlitz


Musée du quai Branly, commandé par l’ancien président Jacques Chirac en 2006


Quartier de La Défense


Après le pont de l’Alma, cinq bulbes d’or donnent au quai Branly14 des airs de Moscou. La cathédrale russe de la Sainte-Trinité, inaugurée en 2016, a fait beaucoup parler d’elle. On lui reproche d’être un instrument de propagande russe, au point que ses détracteurs la surnomment la « cathédrale Poutine ». Plus loin, le musée du quai Branly, consacré aux arts premiers, est reconnaissable à sa façade végétalisée.

Encore quelques pas et nous voici au pied de la tour Eiffel15 . Pour mieux l’admirer, il faut traverser le pont d’Iéna et monter jusqu’à l’esplanade du Trocadéro. Depuis ce belvédère, la Dame de fer surgit tel un phare devant la Ville lumière. La nuit, la tour s’illumine de façon féérique. Puisque nous sommes au « Troca », profitons-en pour faire un bain de culture: allons voir quelques oeuvres des peintres Raoul Dufy et Pablo Picasso au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, des installations contemporaines au palais de Tokyo, et une expo au musée de la Marine… L’ensemble de ces bâtiments Art déco ont été construits pour l’Exposition internationale des arts et des techniques de 1937.

Carpes, brochets et perches mordent à l’hameçon des pêcheurs.


La Seine, une erreur

Bientôt, les immeubles se font de plus en plus cossus. Nous nous enfonçons dans le très chic 16e arrondissement. Impossible de manquer le pont métallique de Bir-Hakeim avec ses deux niveaux, l’un pour les voitures et les piétons, l’autre pour le métro. Du pont, on accède à l’île aux Cygnes16 , une longue bande de terre bien étrange. Cette ancienne digue artificielle a été transformée en allée verte. Quand on s’y promène, on aperçoit la maison de la radio, surnommée la « maison ronde » en raison de sa forme circulaire. C’est le siège de la radio nationale.

Au bout de l’île aux Cygnes trône une réplique de la statue de la Liberté. L’oeuvre du sculpteur Auguste Bartholdi se détache sur les immeubles du quartier d’affaires Beaugrenelle. Avouons-le, ceuxci sont moins impressionnants que les gratte-ciel de Manhattan !

Chaque année, 2,5 millions de touristes visitent Paris à bord des bateaux-mouches.


La Seine musicale accueille concerts, expositions et salons divers.


Un dernier coup d’oeil à la rive gauche, et l’on voit le parc André Citroën17 , le seul grand espace vert de la capitale ouvert sur le fleuve. Il est possible de monter à bord du ballon Generali pour voir la capitale depuis les airs. Vous pouvez monter sans crainte: ce gros ballon, gonflé à l’hélium, est bien arrimé au bout de son câble de 32 mètres de haut. Le fleuve quitte bientôt Paris et contourne Boulogne-Billancourt en passant devant la Seine musicale18 . Cet équipement culturel a été créé en 2017 sur le site des anciennes usines Renault de l’île Seguin. Il propose entre autres des salles de concert, de répétition, et des studios d’enregistrement. L’un des bâtiments ressemble à un drôle d’oeuf, fait de bois tressé et enveloppé de panneaux photovoltaïques. Il s’agit de l’auditorium, conçu pour accueillir un orchestre symphonique mais aussi, plus largement, des groupes de musique contemporaine. En 2017, il a été inauguré par le chanteur Bob Dylan, excusez du peu !

La Seine continue ensuite vers la mer, non sans avoir salué le bois de Boulogne et les tours du quartier d’affaires de La Défense. Elle atteindra son estuaire en Normandie, soit 776 km après sa source. Celle-ci se situe sur le plateau de Langres, en Bourgogne-Franche-Comté.

Au fait, saviez-vous que ce n’est pas la Seine qui coule à Paris, mais son affluent, l’Yonne ? En effet, la règle veut que quand deux cours d’eau se réunissent, c’est celui ayant le plus petit débit qui se jette dans l’autre. Or, à leur confluent, la Seine a un débit inférieur de 13 m3 à l’Yonne. Eh oui, il faut reconnaître que les anciens s’étaient trompés en baptisantSequana – qui donnera par la suite le mot « Seine » – le fleuve qui coule à Paris. Le nom « Yonne », quant à lui, viendrait du nom de la déesse pré-celtique Ica-Ona. Un fleuve plein de majesté.

BOUQUINISTES, LES LIBRAIRES DE LA SEINE

L’origine du métier de bouquiniste remonterait au XVIe siècle. Au XVIIe siècle, le dictionnaire de Furetière définit les bouquinistes comme de « pauvres libraires qui, n’ayant pas le moyen de tenir boutique ni de vendre du neuf, étalent de vieux livres sur le Pont-Neuf, le long des quais ». « Les bouquinistes furent parfois chassés, car ils vendaient des pamphlets et des ouvrages interdits », raconte Jérôme Callais, bouquiniste depuis plus de 25 ans et président de l’Association culturelle des bouquinistes parisiens. « Il existe aujourd’hui 220 bouquinistes en activité, répartis sur 4 km, principalement sur la rive gauche ». Les bouquinistes doivent ouvrir au moins trois jours par semaine et vendre avant tout des revues anciennes, des livres d’occasion, des estampes, des timbres, des cartes postales de collection… « Sur les quatre boîtes que nous avons, une seule peut être dédiée aux souvenirs touristiques. Mais certains ne voudraient vendre que ça ! », rouspète Jérôme Callais. Bien décidé à préserver l’âme de son métier, il a décidé de faire inscrire les bouquinistes à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco. « Ce serait une reconnaissance purement honorifique, car je crois que notre métier est condamné à disparaître. Mais nous avons reçu le soutien de l’Académie française et d’autres personnalités. » Le bouquiniste parle d’un métier passionnant et plein de surprises: « Un jour, j’ai vendu un bouquin à Spielberg ! Mais le plus beau, c’est que les bouquinistes n’existent qu’à Paris. C’est le dernier des petits métiers de la capitale, tous les autres ont disparu. » Un métier qui fait de la Seine la plus grande librairie à ciel ouvert du monde.

LA BRIGADE DU FLEUVE

À bord de leurs bateaux à moteur, les hommes de la brigade fluviale et les sapeurs-pompiers sillonnent la Seine pour assurer la sécurité. Ils interviennent aussi sous l’eau.« Paris: la brigade fluviale a découvert un corps dans la Seine, les mains attachées dans le dos. Une enquête a été ouverte. » Ce 10 janvier 2019, les journaux décrivent un drame que l’on pourrait lire dans un polar. Pour les « flics de la Seine », ce genre de découverte fait partie de la routine. Accidents, meurtres, noyades…

Une centaine de policiers et une trentaine de pompiers se relaient 24 h/24. On les voit souvent filer à toute allure sur leur Zodiac. Les appels d’urgence se succèdent. Car, avec huit millions de visiteurs par an, Paris est le premier port fluvial mondial de tourisme, ce qui entraîne beaucoup d’ incidents. Les interventions de la brigade sont variées: remonter une péniche ou un camion coulé, venir en aide aux passagers d’un bateau-mouche encastré dans un pont, secourir des personnes tombées à l’eau… 200 personnes sont ainsi sauvées chaque année.

À sa création, en 1900, la brigade faisait plonger ses sauveteurs tout habillés (mais sans chaussures), une ligne de vie à la ceinture. Aujourd’hui, les policiers ont des outils modernes, comme le sonar. Ce détecteur leur permet de reconnaître la forme d’un corps.

Que trouve-t-on encore dans la Seine ? Des cadavres d’animaux emportés par les crues, des obus de la guerre, des armes à feu, des bijoux jetés à l’eau par des voleurs en fuite… Avant de remonter un objet immergé, il faut le mesurer, le photographier, noter la température de l’eau. Tout cela afin de conserver les traces de l’incident qui pourraient disparaître dans les eaux au moment où on le remonte.

Dans l’eau froide de la Seine, les conditions de travail sont risquées. Le 5 janvier 2018, une policière plongeuse de 27 ans a disparu lors d’un exercice. Son corps n’a été retrouvé que quatre mois plus tard aux abords du pont des Arts.

LA PÊCHE À PARIS

La silhouette du pêcheur fait partie du décor, sur les quais de Seine et du canal Saint-Martin. Paris compte près de 8 000 pêcheurs. Ils sont organisés en « Union des pêcheurs de Paris et de la Seine », une association qui s’occupe du droit de pêche de la Seine parisienne depuis 1891. C’est l’une des plus anciennes associations de pêche en France. Depuis quelques années, la pêche urbaine est même en plein boom. La mode est austreet fishing , qui suit la règle duno-kill : le poisson pris est immédiatement remis à l’eau. Ce principe a pour objectif le renouvellement des ressources. Une trentaine de poissons différents vivent dans le fleuve: silures, carpes, brochets, perches, sandres et autres anguilles. Bonne nouvelle, leur nombre explose (il a été multiplié par dix entre 1980 et 2010), notamment grâce aux passes à poissons et au travail des stations d’épuration, qui ont amélioré la qualité de l’eau. Les pêcheurs du dimanche ont leurs bons coins sur l’île Saint-Louis et l’île de la Cité, ou sous les arches du pont Marie. La place de la Concorde est renommée pour ses carpes. Les vrais passionnés aiment pêcher la carpe de nuit sur l’île aux Cygnes. On peut donc pêcher… mais pas consommer ! Depuis 2010, la consommation des poissons de Paris est interdite, dans le respect du principe de précaution. Certains poissons, comme l’anguille et la carpe, concentrent en effet dans leurs graisses du PCB, un produit hautement toxique. En mars 2018, un projet d’interdiction de la pêche a été déposé au Conseil de Paris, créant la polémique. « Si on ne peut ni vendre ni consommer le poisson à Paris, il apparaît absurde de continuer à en autoriser la pêche », estiment les protecteurs de la nature. Les pêcheurs, eux, mettent en avant leur rôle de régulateurs écologiques. La proposition d’interdiction n’a finalement pas été adoptée. Les pêcheurs peuvent continuer à jeter leur ligne dans la Seine, avec vue sur Notre-Dame…

À BORD DES BATEAUX-MOUCHES

Drôle de nom pour un bateau ! Les bateaux-mouches, qui transportent les touristes sur la Seine, doivent leur nom au quartier de la Mouche, à Lyon. C’est là-bas, sur les bords de la Saône, que l’on construisit les bateaux de transport de passagers qui ont servi pour l’Exposition universelle de 1867. Tombés dans l’oubli au début du XXe siècle à cause de l’arrivée du métro, les bateaux-mouches reviennent à la mode après la Seconde Guerre mondiale pour faire des promenades sur l’eau. Le slogan de l’époque est toujours d’actualité: « Faire visiter Paris par sa plus belle avenue, la Seine. » Aujourd’hui, la Compagnie des Bateaux-Mouches règne sur le tourisme fluvial parisien avec 2,5 millions de visiteurs par an. Il existe également près de 60 autres compagnies, qui se partagent chaque année huit millions d’utilisateurs. La majorité choisit les gros bateaux-mouches, qui peuvent contenir jusqu’à 1 000 personnes, mais il y en a d’autres, plus intimes, limités à quelques passagers. La promenade classique inclut généralement les monuments incontournables de Paris: la tour Eiffel, le Louvre, Notre Dame, les Invalides, le Musée d’Orsay… Du déjà-vu ? Non car la balade sur la Seine permet de changer de point de vue et de découvrir le coeur historique de la capitale sous un nouvel angle. Et la promenade en soirée, elle, nous offre unParis by night jamais décevant, une coupe de champagne à la main.


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