Bereits Kunde? Jetzt einloggen.
Lesezeit ca. 7 Min.

PARIS: Les valeurs inestimables de la Monnaie de Paris


Écoute - epaper ⋅ Ausgabe 2/2019 vom 23.01.2019

Die Münzprägeanstalt von Paris, gegründet im Jahr 864 und immer noch in Betrieb, ist die älteste Institution Frankreichs. Nach sechs Jahren Renovierungs- und Umbauarbeiten ist sie zum ersten Mal auch Besuchern zugänglich.


Artikelbild für den Artikel "PARIS: Les valeurs inestimables de la Monnaie de Paris" aus der Ausgabe 2/2019 von Écoute. Dieses epaper sofort kaufen oder online lesen mit der Zeitschriften-Flatrate United Kiosk NEWS.

Bildquelle: Écoute, Ausgabe 2/2019

C’était l’un des lieux les plus secrets de France jusqu’en septembre 2017. Date où la Monnaie de Paris a enfin ouvert ses portes au public. « Près de 80 % de la superficie dont nous disposons sera accessible », se félicite un responsable. Jusqu’alors, cette institution, fondée en 864 sous le règne de Charles le Chauve et installée sur le quai de Conti depuis deux siècles et demi, ne « ...

Weiterlesen
epaper-Einzelheft 8,99€
NEWS 14 Tage gratis testen
Bereits gekauft?Anmelden & Lesen
Leseprobe: Abdruck mit freundlicher Genehmigung von Écoute. Alle Rechte vorbehalten.

Mehr aus dieser Ausgabe

Titelbild der Ausgabe 2/2019 von ÉDITORIAL : Petites cartes de l’étranger. Zeitschriften als Abo oder epaper bei United Kiosk online kaufen.
ÉDITORIAL : Petites cartes de l’étranger
Titelbild der Ausgabe 2/2019 von PERSONNALITÉ DU MOIS : DAVID FOENKINOS. Zeitschriften als Abo oder epaper bei United Kiosk online kaufen.
PERSONNALITÉ DU MOIS : DAVID FOENKINOS
Titelbild der Ausgabe 2/2019 von QUE DEVIENT…: Brigitte Bardot. Zeitschriften als Abo oder epaper bei United Kiosk online kaufen.
QUE DEVIENT…: Brigitte Bardot
Titelbild der Ausgabe 2/2019 von GÉOPOLITIQUE : LA FRANCE. Zeitschriften als Abo oder epaper bei United Kiosk online kaufen.
GÉOPOLITIQUE : LA FRANCE
Titelbild der Ausgabe 2/2019 von CHRONIQUE D’UNE PARISIENNE: Le grand froid. Zeitschriften als Abo oder epaper bei United Kiosk online kaufen.
CHRONIQUE D’UNE PARISIENNE: Le grand froid
Titelbild der Ausgabe 2/2019 von PARIS SECRET. Zeitschriften als Abo oder epaper bei United Kiosk online kaufen.
PARIS SECRET
Vorheriger Artikel
Grammaire et exercices… :… mit einem Einleitungstex…
aus dieser Ausgabe
Nächster Artikel POLAR : Krimiserie, Folge 2/4 : UN DESTIN DE HOMARD
aus dieser Ausgabe

... s’offrait » que rarement aux visiteurs. Six ans de travaux ont été nécessaires pour redonner leur lustre d’antan aux bâtiments dont la première pierre avait été posée le 30 avril 1771. Ici, on frappe la monnaie nationale et on édite des médailles et des pièces de collection de toute beauté. Visite de l’institution la plus ancienne de France.

Des trésors sous haute surveillance

La Monnaie de Paris est extrêmement bien gardée. Vitres blindées, caméras de surveillance, vigiles… Les mesures de sécurité ne manquent pas. Malgré tout cet arsenal, la visite vaut le détour.

D’emblée, la cour d’honneur du bâtiment, entourée d’une galerie de 30 mètres, s’impose par sa majesté. Face à nous, une horloge de Jean-André Lepaute et deux statues de l’Expérience et de la Vigilance. Au coeur de l’enceinte, de vieux frontons, pendant un temps recouverts de crépi, d’amiante ou de béton, ont retrouvé leur éclat d’antan. Dans le cadre d’un plan de restauration, chaque détail a été pensé. Par exemple, il a été décidé de raser un terrain de basket-ball construit en 1950, situé sous les toits d’une aile, afin de respecter la symétrie de l’ancienne architecture. Déjà, on a envie de découvrir ce que cache l’intérieur. Et notamment le nouveau musée, riche d’environ 2000 lots jamais exposés (médailles ancestrales, monnaies rarissimes en or, en argent, en bronze ou en cuivre, lingots découverts il y a plusieurs siècles dans les profondeurs des océans…). Tout comme les réserves qui abritent au total près de 170000 biens précieux. Un véritable butin dont il sera possible de contempler les pépites petit à petit. 40 % des oeuvres dévoilées aux visiteurs seront renouvelées chaque année.

invendipitat quam et harum eos a quodit as doluptatias explit re is etur sime reste volorepudis maximax imil


Au cours d’une promenade dans ce labyrinthe d’architecture néoclassique, d’autres décors apparaissent : des édifices modernes et discrets, qui s’inscrivent parfaitement dans l’esprit de l’établissement. Par exemple, cet atelier d’outillage sur quatre niveaux, avec ses panneaux de cuivre. Dans ces nouvelles constructions, imaginées par l’architecte Philippe Prost, près de 150 ouvriers (sur les 300 salariés du site) se trouvent à pied d’oeuvre. Leur réputation dépasse largement nos frontières : 40 pays ont recours aux services de la Monnaie de Paris. Parmi les créations actuelles, on trouve de nombreuses médailles commémoratives ou liées à la mode et au design. Jean-Paul Gaultier et Jean-Paul Goude ont récemment été mis à contribution. L’excellence française a de beaux jours devant elle.

La Monnaie de Paris a ouvert ses portes au public en septembre 2017.


Les artisans du quai de Conti fabriquent 100000 médailles et 120000 pièces d’or par an. La production des euros est, elle, assurée par l’usine de Pessac, en Gironde. Là-bas, ce sont environ 800 millions de pièces qui sont produites chaque année.

Dans les ateliers parisiens, les spécialistes frappent le métal avec une matrice pour lui donner forme. Le rythme est soutenu. Sur le site de Pessac, la fabrication des euros nécessite jusqu’à 850 coups par minute. À l’ère du numérique et de la dématérialisation, c’est un message fort envoyé par la Monnaie de Paris, toujours fidèle à sa mission régalienne et aux traditions. Le souvenir de l’illustre François Mansart, architecte cher au Roi-Soleil, est également vivace au 11, quai de Conti. La raison ? À quelques mètres des locaux se dessine la charmante façade d’un hôtel particulier construit par le maître (alors âgé de 23 ans). Cette partie de la Monnaie de Paris est aujourd’hui appelée « l’aile Mansart » et se trouve actuellement en cours de restauration. « Cela fait 250 ans que cet hôtel particulier reste caché aux yeux de tous. Je me réjouis de voir sa transformation », précise un employé. Les jardins de la Monnaie font également l’objet d’une restauration. « Les grands enjeux de ces réaménagements sont d’ordre urbain, paysager et architectural, mais aussi industriel, économique et culturel, et au-delà, d’ordre symbolique », résume Philippe Prost.

Une politique d’ouverture dont se réjouissent les équipes. « Je suis heureux qu’il y ait une vraie volonté de valorisation de nos métiers qui sont en train de disparaître au fur et à mesure », observe Joaquin Jimenez, qui dirige 15 graveurs et deux graphistes et espère faire naître des vocations. « Ce sont des gens qui ont un regard artistique sur le monde et qui souhaitent faire partager leur technique – qui reste avant tout manuelle – et la vision qu’ils en ont. » C’est à cet homme que l’on doit notamment les pièces de 1 et 2 euros. Il décrit sa fierté de travailler entre ces murs chargés d’histoire : « J’occupe une place qui était celle des grands graveurs généraux. Ce sont des stars de l’ombre, et pourtant ce sont les personnes les plus éditées de France, à l’image d’Oscar Roty qui a créé le franc Semeuse. »

2000 pièces et médailles sont exposées au musée de la Monnaie de Paris.


Frapper la monnaie : tout un art

Étrange sensation que celle de longer ces ateliers (fonderie, ciselure, patine, dorure…), avant de découvrir les joyaux présentés dans les salles. « Il n’y a pas d’endroit équivalent en France, ni même dans le monde, avec une telle diversité et une telle qualité d’approche », souligne Victor Hundsbuckler, conservateur du patrimoine à la Monnaie de Paris. « Vous ne visiterez nulle part ailleurs une usine qui est en même temps un musée. »

Première pièce d’exception exposée : une magnifique médaille de Guillaume Dupré, représentant Monsieur, frère du roi, offrant à Louis XVI l’or des mines d’Allemont (vallée de l’Oisans). Un peu plus loin, des objets étonnent par leur beauté, comme ce microscope métallographique datant de 1900. En dévoilant ces merveilles, c’est toute l’histoire de la gravure et de la frappe que le musée conte ici.

Place à un imposant tour à réduire, qui permit la création des francs Semeuse. Tandis qu’un palpeur lit un modèle de grande taille, une fraise grave l’acier de la future matrice à l’échelle de la future monnaie ou médaille. La méthode permet de reproduire un même motif de manière rigoureuse. Même souci de précision lorsqu’il s’agit de décrire la frappe au marteau, au balancier ou à la presse, arts auxquels le public aura la possibilité de s’exercer de manière ludique dans le musée. Succès garanti auprès des plus jeunes ! Ils sont d’ailleurs généralement fascinés par cet espace consacré à de véritables « trésors ». Leurs histoires valent leur pesant d’anecdotes. Celle du naufrage du navire de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, le Slotter Hooge, invite par exemple à voyager en l’an 1724. On apprend que le dernier coffret rempli de lingots d’argent et de monnaies espagnoles – et dont la Monnaie de Paris dispose d’un échantillon exceptionnel – n’a été retrouvé qu’en 1974 par l’archéologue Robert Sténuit.

Il est temps de s’intéresser au trésor de la rue Mouffetard à Paris où, en 1938, des ouvriers avaient découvert des « rondelles de laiton » dans un appartement. Leur contenu ? 3556 pièces d’or, frappées sous le règne de Louis XV et ayant certainement appartenu à un écuyer du roi appelé Louis Nivelle. Au total, 84 descendants se partagèrent ce pactole formidable, dont les splendeurs sont particulièrement recherchées par les collectionneurs et trouvent naturellement toute leur place dans l’enceinte.

Difficile, enfin, dans cette salle dite « des coffres », de ne pas être ébloui par le trésor de Huê, du nom de cette citadelle de l’empire d’Annam mise sous tutelle par la France en 1885 : des lingots et des pièces en quantité, élégamment placés dans une vitrine, diffusent toute leur lumière.

Impossible, bien sûr, de donner un descriptif complet de l’ensemble des chefs-d’oeuvre. Dans une salle voisine, on s’émerveille encore devant des médailles représentant des animaux, comme ce gorille au regard fascinant signé par Jacques Birr en 1969. « On dirait qu’il regarde ceux qui le dévisagent », précise Béatrice Coullaré, docteur en histoire de l’art, prompte à présenter ensuite une licorne de Salvador Dalí ou un pendentif de Roger Bezombes. Du grand art !

« Certaines créations possèdent un diamètre de 5 millimètres seulement », confie-t-elle avec enthousiasme. Devant la statue de la Fortune, un collaborateur indique que le nombre de numismates s’élève à 100000 en France. Un autre rappelle que l’ancien ministre de l’Économie, Michel Sapin, en fait partie. Avant d’ironiser volontiers sur un animateur de télévision, dont il préfère taire le nom, qui a demandé une collection particulière à son effigie…

Faisons maintenant un détour par l’aile est, dont l’enfilade des salons a également été restaurée en profondeur. C’est dans cet espace que se déroulent les expositions temporaires. L’idée générale de la responsable, Camille Morineau, consiste à « trouver une cohérence entre les thèmes abordés et les activités de la Monnaie de Paris ». La manifestationWomen house dédiée aux femmes artistes est parfaitement entrée dans ce cadre. Pour preuve, l’organisatrice rappelle que le marquis de Condorcet, ancien homme fort de l’établissement, était un grand défenseur de leur cause. Et de confier dans la foulée qu’un tiers des ouvriers au quai de Conti sont des femmes.

Cap vers l’extérieur. La liste des découvertes s’allonge. Dans une partie cachée, une porte donne sur une chapelle dont les vestiges ont été découverts lors des restaurations. Un lieu tout à fait étonnant, avec un plafond haut de 12 mètres. Il sert de salle d’archives et abrite également les peintures murales d’un artiste du XVIIIe siècle, Jean- Jacques Forty, mais aussi des colonnes en trompe-l’oeil. Munis de scalpels, des ouvriers s’activent encore pour redonner ses couleurs d’origine à cet ensemble. C’est ici qu’officia l’abbé Cochin, aumônier de la Cour des monnaies, qui dut cesser son activité en 1788 en raison de l’absence de fidèles. Ce qui n’est pas le cas des visiteurs de la Monnaie de Paris qui devraient, eux, être de plus en plus nombreux à venir admirer ce lieu.

Le savoir-faire de la Monnaie de Paris s’exporte dans 40 pays.


800 millions de pièces d’euros sont éditées chaque année en France.


Atelier gravure dans les locaux du quai de Conti


Foto: Serge Picard/Agence VU/laif

Fotos: M.M.S./Alamy Stock Photo, Christophe Lepetit/Le Figaro Magazine/laif

Fotos: Christophe Lepetit/Le Figaro Magazine, Serge Picard/Agence VU (2)/laif (3)