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PILES, PLASTIQUE ET PEAUX DE BANANES…


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Écoute - epaper ⋅ Ausgabe 9/2022 vom 27.07.2022
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Il faut bien l’admettre : les Français ont longtemps regardé les quatre ou cinq poubelles des Allemands avec curiosité. Mais les enjeux écologiques ont poussé le pays à revoir sa manière de collecter et recycler les déchets.

En 2018, la France a produit 342 millions de tonnes de déchets, contre 355 millions de tonnes en 2010. Cela représente 5,1 tonnes de déchets par habitant.

Ce volume est proche de la moyenne européenne : l’Allemagne produisait 406 millions de tonnes de déchets en 2018 et la Finlande seulement 128 millions.

Il est difficile d’imaginer à quoi correspondent ces chiffres. Il n’y a pas que les déchets ordinaires que les citoyens mettent à la poubelle. Ces déchets sont répartis en trois catégories. Tout d’abord, les déchets minéraux sont issus du bâtiment et des travaux publics. On regroupe dans cette catégorie des déchets inertes qui ne subissent aucune transformation comme les ...

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... briques, le béton, les tuiles, la céramique mais aussi des déchets comme les solvants, l’amiante, les plastiques, les métaux ou le verre. La majorité des déchets minéraux provient de la construction. Ensuite, on recense les déchets dangereux qui présentent un risque pour la santé humaine et l’environnement. Enfin, les déchets non minéraux et non dangereux est une catégorie qui comprend les déchets produits par tous les secteurs d’activité (agriculture, industrie, secteur tertiaire) et les foyers.

Les déchets ménagers ne représentent que 8,7 % de l’ensemble des déchets. C’est déjà trop pour la planète, mais cela permet de comprendre que les seuls habitants ne peuvent porter tous les efforts. Une politique cohérente, des lois précises et bien pensées pour les industries polluantes et une mobilisation de tous les acteurs économiques sont nécessaires. Pourtant, la gestion des déchets ménagers est loin d’être efficace.

« Vos poubelles valent de l’or »

Depuis 20 ans, le slogan « vos poubelles valent de l’or » infuse dans la société. Cela a pris du temps, mais les Français pratiquent désormais massivement (à 88 %) le tri sélectif avec une poubelle pour le verre, une pour les déchets recyclables (comme le plastique, les emballages en aluminium, le papier et le carton), et une dernière pour ce qui n’est pas recyclable et sera incinéré.

La fermentation des produits agricoles permet de produire du biogaz. Il servira par exemple pour faire rouler les bus, comme à Lille. Dans certains immeubles des grandes villes, comme à Grenoble et son agglomération, une nouvelle poubelle a été distribuée pour collecter les déchets naturels. Ces déchets vont être transformés en compost ou en biogaz. Cela peut faire sourire les Allemands, mais les Français rattrapent leur retard !

Pourtant, malgré les discours et les efforts des citoyens, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères augmente tous les ans. En 2012, cette taxe a rapporté 6 milliards d’euros aux collectivités. En 2019, 7 milliards, ce qui représente une moyenne de 290 euros par ménage. Dans le même temps, les éco-contributions – destinées à financer le recyclage et que les habitants payent au moment de leurs achats –, augmentent petit à petit, elles aussi. Elles ont rapporté en 2019 plus de 1,5 milliard d’euros, redistribué aux collectivités.

À PROPOS…

Le « scandale de l’amiante » renvoie à la longue prise de conscience en France du danger de l’amiante, qui a duré plus d’un demi-siècle, entre les premières études de 1945 et l’interdiction par le président Chirac en 1997.

Mehr dazu finden Sie auf Écoute-Audio: www.ecoute.de/ecoute-audio und in Écoute-Plus: www.ecoute.de/ ecoute-plus

Cet argent n’a pas disparu. Il a permis de moderniser un grand nombre de centres de tri comme à Romainville (banlieue de Paris), Montpellier ou Nantes. Chaque chantier, très coûteux, devait permettre de mieux valoriser et recycler les déchets et, par conséquent, soulager les particuliers d’une partie de la taxe d’enlèvement.

Le problème, c’est que la filière n’est pas au point.

Jusqu’en 2019, un camion sur cinq qui arrivait en centre de tri avec le contenu des poubelles triées par les habitants, repartait pour l’incinération, ou pire, l’enfouissement (l’enterrement des déchets).

On estime qu’en 2020, il s’agissait de deux camions sur cinq ! Autant dire que les efforts des citoyens ne sont pas récompensés. Pourquoi un tel gaspillage ? Toujours, la même réponse revient : l’argent !

La vente des matières recyclées rapporte seulement quelques euros annuels par habitant. Prenons un exemple. Dans le département des Côtes-d’Armor (en Bretagne), c’est le syndicat de valorisation des déchets Kerval qui s’occupe de la seconde vie des déchets de 320 000 habitants.

Kerval a investi 35 millions d’euros entre 2013 et 2019 et dispose d’installations performantes sur le plan technique, mais très décevantes sur le plan économique.

En 2018, Kerval a gagné 3,20 euros par habitant en revendant du papier et du carton, 1,22 euro grâce au verre, 1,70 euro avec les plastiques et 1,05 euro avec les métaux… Finalement, le syndicat a gagné 3 millions d’euros, pour 13,6 millions de coûts de fonctionnement. Les poubelles ne valent pas tant d’or que cela. En Alsace et en Bretagne, deux régions où les citoyens pratiquent le plus assidûment le tri sélectif, les déchets ménagers coûtent quatre fois ce qu’ils rapportent. Ailleurs, c’est pire. Dans son rapport 2018, le syndicat Syctom, qui opère pour 5,8 millions de Parisiens et de banlieusards, se félicite d’avoir mis en place une « valorisation des déchets toujours plus poussée ». La phrase est prometteuse. Mais en réalité, le chiffre des valorisations est très décevant : 2,72 euros par habitant en 2018, toutes matières confondues. Vous habitez Paris ou sa banlieue, vous triez soigneusement le verre… Le produit de vos efforts a rapporté au Syctom 0,01 euro par semaine.

Idem pour les journaux et magazines : 0,52 euro de recettes annuelles par habitant en 2018.

Des déchets indésirables

La quantité monstrueuse de déchets de toute nature à recycler est telle que la France en envoie une partie à l’étranger.

La balance commerciale avec la Chine est si déséquilibrée que les porte-conteneurs qui arrivent en Europe avec des produits en repartent systématiquement vides.

Plusieurs acteurs institutionnels ont préféré remplir les porte-conteneurs de plastiques, de papiers et de métaux. Pendant des années, des millions de tonnes de déchets ont ainsi traversé les océans, pour arriver dans d’immenses ateliers où la main d’œuvre est docile et très peu chère.

Les ordures ménagères qui, pour rappel, représentent environ 9 % des déchets totaux, constituaient une toute petite partie de ces échanges malhonnêtes.

Les déchets agricoles étaient également exportés : les bâches que les agriculteurs français posaient sur leurs semis étaient lavées et recyclées en Chine.

En 2017, la Chine a réalisé qu’elle n’était pas seulement l’usine du monde : elle en devenait également la poubelle.

Pékin a informé l’Organisation mondiale du commerce de son intention d’arrêter de recevoir les ordures d’autres pays. Au début de 2019, des dizaines de pays riches, dont la France, se sont retrouvés face à des montagnes de déchets qui poussaient à vue d’œil. Des entrepreneurs dans d’autres pays ont pris le relais des Chinois.

JAUNE = PLASTIQUE, CARTON, PAPIER RECYCLABLE…

Ils ont rapidement été rappelés à l’ordre par leur gouvernement, car ils travaillaient dans des conditions risquées pour les hommes et pour l’environnement. Ces deux dernières années, la Malaisie, l’Inde et la Thaïlande ont interdit l’importation des plastiques usagés. Le Vietnam suivra en 2025.

Résoudre le problème à sa source

Avec le refus d’un nombre croissant de pays de traiter les déchets des autres, une part importante des ordures finit enfouie ou incinérée, malgré la bonne volonté des individus. La ville de Nantes admet que ce fut le cas pour 100 % des déchets pendant les confinements de 2020. Alors peut-être qu’au lieu de recycler des déchets, il faudrait commencer par contraindre les industriels à en produire moins. Une loi française de février 2020 organise la fin progressive de tous les emballages plastiques d’ici à 2040, par étapes. À terme, plus de tubes de dentifrice, plus de flacons de shampoing, plus de barils de lessive en plastique. Et plus de problème ? « Pas un industriel du recyclage n’y croit, cette loi sera amendée », soupire Jean-Luc Petithuguenin, fondateur du groupe Paprec qui collecte et recycle les déchets industriels et ménagers. Malgré cette note peu optimiste, les citoyens doivent se mobiliser pour exiger de leur gouvernement des politiques écologiques… et surtout réalisables, avec tous les acteurs concernés.