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SOCIÉTÉ: La révolution du vélo


Écoute - epaper ⋅ Ausgabe 5/2019 vom 10.04.2019

Es hat lange gedauert, aber jetzt entdecken auch die Franzosen immer mehr die Vorzüge des Fahrradfahrens. Und so nehmen die Städte und Gemeinden viel Geld in die Hand, um Radwege auszubauen.


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Artikelbild für den Artikel "SOCIÉTÉ: La révolution du vélo" aus der Ausgabe 5/2019 von Écoute. Dieses epaper sofort kaufen oder online lesen mit der Zeitschriften-Flatrate United Kiosk NEWS.

Bildquelle: Écoute, Ausgabe 5/2019

Seuls 2 % des Français déclarent aller au travail à bicyclette. Un chiffre qui pourrait augmenter grâce au « plan vélo » du gouvernement.


Sport peu connu, le polo-vélo regroupe 120 000 cyclistes en France.


de VALÉRIE COLLET, JEAN-YVES GUÉRIN, MATHILDE VISSEYRIAS ET KEREN LENTSCHNER Article extrait du Figaro du 13-14/10/2018

Vélib’, le système de vélos en libreservice de Paris, a vu le jour en 2007.


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... assistance électrique ou non, la révolution du vélo est en marche en France. Ces 20 dernières années, le vélo s’est paré de toutes les vertus : il est bon pour la santé, bon pour la planète, utile pour désengorger les villes…La France s’est découvert tardivement un intérêt pour le plus « doux » des modes de transport.

La solution à de vrais problèmes

En septembre dernier à Angers, le Premier ministre a accéléré la mise en place du plan vélo du gouvernement : un fonds de 350 millions d’euros sur sept ans pour développer les axes cyclables, la création d’un forfait mobilité durable pour contribuer aux frais des salariés…« Le vélo, c’est une solution à de vrais problèmes du quotidien et à de vraies questions de société. Et une manière très concrète de participer à la transition écologique du pays. Mais, pour y parvenir, il faut s’organiser ! », a déclaré Édouard Philippe.
La France est à la traîne de ses voisins européens : les Pays-Bas, royaume de la bicyclette, ont déployé leur plan vélo il y a 20 ans, l’Irlande en 2009, l’Allemagne en 2012, la Suède l’année suivante, puis le Danemark…L’objectif ? Faire passer la part du vélo dans les déplacements quotidiens en France de 3 % aujourd’hui à 9 % en 2024, à l’occasion des Jeux olympiques de Paris. En Allemagne, c’est 10 %, et 28 % aux Pays-Bas…Cette pratique encore modeste s’apparente pourtant à une petite révolution dans les grandes villes françaises. Même Nice a annoncé son plan vélo. Christian Estrosi, son maire, a affirmé qu’un budget annuel de 500 000 euros « minimum » sera alloué au vélo dès 2019. En quelques années, tout un écosystème s’est bâti autour de la petite reine : d’abord avec l’irruption des systèmes de bicyclettes en libre-service. « Quand Lyon a lancé Velo’v en 2005 et Paris Vélib’ en 2007, pas mal de collectivités locales se sont intéressées au sujet sous la pression de leurs administrés », explique Véronique Michaud, secrétaire générale du club des villes et territoires cyclables. Près de 90 villes moyennes ont opté pour des systèmes de location de vélos de longue durée. Une formule moins onéreuse pour ces villes qu’un système avec borne. Une dizaine de grandes agglomérations (Nantes, Nice, Toulouse) ont choisi ce système de vélos en libre-service.

Vélos enfree floating

S’il est loin de fonctionner à 100 %, le Vélib’ enregistrait un peu plus de 45 000 courses quotidiennes en octobre dernier, contre moins de 15 000 début juillet 2018. N’empêche, ce modèle de vélos en libre-service avec borne, est bousculé par l’arrivée depuis un an des vélos enfree floating en France. Une formule où les collectivités locales n’ont rien à débourser mais qui génère beaucoup d’incivilités. Aujourd’hui, trois opérateurs principaux (Ofo, Mobike, Indigo Weel) sont présents dans une dizaine de villes (Paris, Lyon, Metz, Tours…).
Les coursiers à vélo ont aussi envahi les rues de Paris et des grandes villes, grâce au boom de la livraison de repas à domicile. Le britannique Deliveroo fait travailler 4 000 livreurs à vélo dans la capitale, et 10 000 dans toute la France. Ce chiffre connaît une croissance exponentielle : en moins de deux ans, il a été multiplié par cinq. Ces coursiers sont tous des autoentrepreneurs ; plus de la moitié d’entre eux travaillent pour plusieurs plateformes de livraison (Deliveroo, Uber Eats, Glovo.…).

Le « vélo des champs »

Parallèlement, il existe des centaines de petites sociétés de courses qui livrent, principalement à Paris, des plis et des colis à des entreprises. Avec 224 salariés, Novea est un acteur majeur en régions parisienne et alsacienne. « Les restrictions de circulation en centre-ville, comme c’est déjà le cas à Strasbourg, pourraient s’étendre. C’est pourquoi nous voulons développer le vélo et le vélo cargo », explique Anne-Cécile Fortin, chef des ventes chez Novea.
Le gisement d’activités ne se limite pas à la ville. Le « vélo des champs » est en plein essor. La France dispose de 22 800 kilomètres de véloroutes et voies vertes (La Loire à Vélo, Vélodyssée…). Selon le Quai d’Orsay, le pays est la deuxième destination pour le tourisme à vélo (après l’Allemagne), avec plus de 9 millions de séjours par an.
En 2016, Terres d’aventure a racheté RandoVélo, qui organise des balades en France (Loire, canal du Midi, Bordelais…) pouvant durer une dizaine de jours, en VTC, vélo électrique, tandem, et carriole pour enfant si besoin. « Le marché croît de 35 % par an, alors que c’est 5 ou 6 % pour la marche », souligne Jean-François Rial, président de l’agence de voyages Voyageurs du monde. Le programme des Nations unies pour l’environnement évalue à 35 000 le nombre d’emplois directs liés au vélo en France, et estime que le potentiel est énorme si l’on se hisse au niveau de Copenhague.

INDUSTRIE ASIATIQUE

La production de vélos en France n’est plus qu’un souvenir, entretenu par quelques artisans de luxe. Certes, sur les 2,7 millions de vélos vendus dans l’Hexagone l’an passé, seuls 350 000 étaient importés de Chine, de Taïwan, des Philippines ou du Cambodge. Mais ces chiffres sont en trompe-l’oeil. L’immense majorité des vélos vendus en France sont en fait assemblés en Europe…à partir de cadres, systèmes de freinage et autres fourches à amortisseurs souvent venus d’Asie. Par ailleurs, pour qu’un vélo dispose du label « made in France », il suffit que 45 % de la valeur ajoutée soit créée dans l’Hexagone. Un chiffre qui peut être atteint avec la peinture et certaines pièces exclusives. L’an dernier, 711 000 bicyclettes estampillées « made in France » se sont vendues sur le marché national.

TOURISME

Deuxième destination pour le tourisme à vélo en Europe, la France dispose de 22 800 kilomètres de véloroutes et de voies vertes. La filière crée deux milliards d’euros de retombées économiques.

Preuve du développement de la culture du vélo en France : l’apparition des vélos-taxis


Vers une amélioration de la circulation cyclable

Petit à petit, les villes mettent en place des politiques pour inciter les habitants à se déplacer à bicyclette plutôt qu’en voiture. La preuve, aujourd’hui, plus de 2 000 agglomérations sont adhérentes au club des villes et territoires cyclables, contre moins de 500 en 2001.
« Soutenir la pratique du vélo est dans notre mission, car cela permet de lutter contre le réchauffement climatique et d’améliorer l’état de santé des citoyens », affirme Jean-Baptiste Gernet, adjoint au maire de Strasbourg, chargé des mobilités, qui veut passer de 9 % à 16 % d’ici à 2030 les déplacements faits à vélo dans cette métropole. À Paris, d’ici à 2020, le but est d’arriver à 15 %, contre 5 % il y a 3 ans. Pour relever le défi, les collectivités mobilisent des budgets importants : Paris a promis d’investir 150 millions d’euros entre 2015 et 2020 ;
l’agglomération bordelaise, 70 millions entre 2018 et 2020 ; Nantes, 50 millions entre 2016 et 2021…« 150 millions, c’est à peine un peu plus de10 % du budget consacré annuellement à la mise en service et à l’entretien des autres modes de transports collectifs comme le bus ou le métro », glisse Christophe Najdovski, adjoint à la maire de Paris, en charge des transports.

Piste cyclable sur les Champs-Élysées

Avec ces budgets, les collectivités locales adaptent les infrastructures pour que la circulation à vélo soit plus facile. Par exemple, depuis plus de dix ans, Sceaux, commune d’Île-de-France, limite la vitesse à 30 km/h dans toutes ses rues. Une mise au pas des voitures qui enlève un sentiment d’insécurité aux cyclistes. Et qui a aussi permis d’introduire la circulation à vélo à contresens. Ces évolutions ont nécessité un marquage au sol et la pose de panneaux. À Strasbourg, entre 2014 et 2017, les voies aménagées pour les cyclistes (pistes cyclables, bandes cyclables…) sont passées de 550 km à 620 km. Des modifications de voiries qui ne sont pas gratuites. « La piste cyclable que nous réalisons actuellement sur les Champs-Élysées coûte plusieurs millions », précise Christophe Najdovski. Et le déblocage de budget ne suffit pas toujours à garantir l’exécution d’un plan vélo pour une ville. « Dans la capitale, un quart des aménagements prévus pour 2020 ne seront pas réalisés à cette échéance », déplore-t-on à Paris en selle, une association de cyclistes.

Locaux à vélos sécurisés

Deuxième chantier, le développement des places de stationnement. À Bordeaux, l’objectif est d’installer 10 000 arceaux supplémentaires auxquels accrocher sa bicyclette. À Strasbourg, deux parkings souterrains ont ouvert récemment, prévoyant du stationnement pour les vélos. Et deux autres sont attendus avec le même dispositif. Parallèlement, Paris et d’autres villes imposent désormais dans tous les nouveaux immeubles l’installation d’un parking à vélos sécurisé. « Avec le développement du vélo électrique, qui coûte près de 1 500 euros, les administrés demandent plus souvent des locaux à vélos sécurisés », souligne Olivier Le Lamer, vice-président de Lorient Agglomération.

Les ateliers de réparation de vélos sont de plus en plus nombreux en France.


Les bonnes pratiques à deux-roues

Troisième volet, développer la culture vélo des habitants. Bordeaux a installé des maisons de la mobilité où l’on peut emprunter des vélos différents (triporteur, cargo…) ou prendre des cours pour s’insérer dans la circulation. À Lorient, en Bretagne, 1 000 enfants sont formés chaque année aux bonnes pratiques à deux-roues. Des efforts méritoires mais jugés encore insuffisants par les cyclistes. Strasbourg, la ville française la plus adaptée aux cyclistes selon le classement de la Fub (Fédération des usagers de la bicyclette) réalisé cette année, ne récolte qu’un B sur une échelle de notes qui montent jusqu’à A+.

LE VÉLO EN FRANCE

3 %
C’est la part des déplacements quotidiens à vélo (contre 28 % aux Pays-Bas).
255 000
C’est le nombre de vélos à assistance électrique vendus en 2017.
2 775
C’est le nombre de boutiques de vente et de réparation de vélos. Depuis l’explosion du phénomène du vélo, les boutiques de proximité ont fleuri dans les centres des grandes villes

la boutique de proximité , das Geschäft um die Ecke


Fotos: Bill Cheyrou, Hawwa Qusimy / Stockimo / Alamy Stock Photo

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Foto: Olivier Bureau/PHOTOPQR/LE PARISIEN/MaxPPP