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VOYAGE: LES CÉVENNES ET LA RÉGION DES CAUSSES


Écoute - epaper ⋅ Ausgabe 9/2019 vom 17.07.2019
Artikelbild für den Artikel "VOYAGE: LES CÉVENNES ET LA RÉGION DES CAUSSES" aus der Ausgabe 9/2019 von Écoute. Dieses epaper sofort kaufen oder online lesen mit der Zeitschriften-Flatrate United Kiosk NEWS.

Bildquelle: Écoute, Ausgabe 9/2019

Le château et le village de Castelbouc se mélangent aux falaises, au-dessus des eaux du Tarn, en Lozère


La compagne de Vincent Noyoux, notre auteur parti sur les traces de l’écrivain Stevenson dans les Cévennes, accompagnée de leurs enfants et de leur âne Réglisse


Im Süden des Zentralmassivs liegen die Cevennen. Geprägt werden sie durch enge Schluchten und Hocheben. Das macht das Karstgebirge für Wanderer besonders verlockend. Und wenn man dann auch noch Kinder und einen Esel mitnimmt, dann wird so eine mehrtägige Wanderung leicht zu einem Abenteuer.

MOYEN

CC’est un territoire méconnu, niché au sud du ...

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... Massif central. Les profondes vallées des Cévennes ont été explorées par l’écrivain Stevenson avec son âne. Juste à côté, les plateaux calcaires des Grands Causses assurent le dépaysement. Ces grands espaces peuplés de moutons et de silence envoûtent tous ceux qui s’y promènent. Notre auteur Vincent Noyoux et sa famille ont testé pour vous ces itinéraires. Voyage en deux volets dans un Sud aussi sauvage que spectaculaire

Les Cévennes, balade en famille avec un âne

À la façon de Stevenson, nous avons découvert les Cévennes avec un âne pendant une semaine. Au programme : des litres de sueur, quelques montées de stress et surtout beaucoup d’émerveillement. En avant marche ! Le 22 septembre 1878, un jeune Écossais quitte le

Monastier-sur-Gazeille, un village de moyenne montagne situé dans le Velay, au sud du Massif central.

de VINCENT NOYOUX


méconnu,e
, wenig bekannt

niché,e
, eingebettet

l’âne (m)
, der Esel

le dépaysement [depeizmã]
, der Umgebungswechsel

envoûter
, in den Bann ziehen

l’itinéraire (m)
, die Route

le volet
, der Abschnitt

l’émerveillement
, das Entzücken

en avant
, vorwärts

la moyenne [mwajɛn]montagne
, das Mittelgebirge

Les gorges du Chassezac, sous le village de la Garde-Guérin, en Lozère Foto: Christian Guy/hemis/laif

Ci-dessus : le village de Sainte-Énimie situé dans les gorges du Tarn


Ci-contre : le Pont-de-Montvert situé sur le GR 70, célèbre chemin de Stevenson


Les gorges du Tarn offrent de sublimes parcours en canoë kayak.


Avec lui, un âne – ou plutôt une ânesse –, baptisé Modestine. Et sur le dos de ce dernier, un paquetage qui doit lui permettre de tenir une douzaine de jours. Robert Louis Stevenson n’a pas encore écritL’Île au trésor , mais il a déjà le goût des lieux sauvages et secrets. Fasciné par l’histoire des Camisards, ces insurgés protestants qui ont résisté aux troupes de Louis XIV pour défendre leur foi, il s’est mis en tête de retrouver leurs traces, dans les Cévennes. Stevenson traversera les plateaux du Velay et les crêtes dénudées du mont Lozère avant de parcourir les vallées des montagnes cévenoles. Il dormira à la belle étoile, rencontrera moines et paysans, pestera contre son âne capricieux… mais arrivera à bon port, après 250 kilomètres de marche. Son récit,Voyage avec un âne dans les Cévennes , est un merveilleux journal de bord, plein d’humour et de vie. La bible de tout randonneur, avec ou sans âne. Aujourd’hui encore, Stevenson est associé aux Cévennes, et inversement. Sitôt qu’on annonce partir dans les Cévennes, la réponse fuse : « Sur le sentier de Stevenson ? N’oublie pas ton âne ! » Un tourisme de randonnée pédestre et équestre s’est organisé au fil des ans. Le sentier de grande randonnée GR 70, ou « chemin de Stevenson », permet de mettre ses pas dans ceux de l’aventurier, et plusieurs loueurs d’âne fournissent des montures. Qu’importe si on ne fait qu’un morceau du parcours, et qu’importe si on s’en éloigne. L’important est de goûter au charme des vallées cévenoles, des maisons de schiste, et des cieux étoilés. L’été dernier, c’est donc en famille que nous tentons l’aventure. Depuis le hameau de Castagnols, départ du périple, nous allons décrire une boucle d’une petite semaine. Le programme a été pensé sur mesure pour notre famille : une dizaine de kilomètres par jour. Ce sera bien assez pour Andréa, 6 ans, Simone, 3 ans, ma compagne et moi. La veille du départ est consacrée aux préparatifs. Tout doit rentrer dans le paquetage que portera notre âne, Réglisse.

le paquetage [paktaZ]
, das Marschgepäck

tenir
, durchhalten

le goût
, die Vorliebe

le Camisard [kamizaʀ]
, der Hugenotte

aus den Cevennen

l’insurgé (m)
, der Aufständische

la foi
, der Glaube

la crête
, der Bergkamm

dénudé,e
, kahl

cévenol,e [sevnOl]
, in den Cevennen

à la belle étoile
, unter freiem Himmel

le moine
, der Mönch

pester contre
, schimpfen auf

à bon port [abpOʀ]
, wohlbehalten

le journal de bord [bOʀ]
, das Tagebuch

le randonneur
, der Wanderer

associer à
, in Verbindung bringen mit

inversement
, umgekehrt

sitôt que
, sobald

équestre [ekɛstʀ]
, Reiterle

sentier de grande randonnée
, der Fernwanderweg

la monture
, das Reittier

qu’importe si
, ganz gleich ob

s’éloigner de
, sich entfernen von

goûter à
,hier: genießen

le schiste [Sist]
, der Schiefer

le hameau
, der Weiler

le périple
,hier: die Wanderung

C’est un bel animal au regard doux et à la robe gris-noir. La traditionnelle croix de Saint-André (des poils plus foncés qui forment une croix) lui barre le dos. « Il marche d’un bon pas et a bon caractère ! », nous rassure le loueur. On apprend à le bâter, à curer ses sabots, à nettoyer ses éventuelles plaies. Le plus dur : mémoriser les différents types de noeuds pour l’attacher… Après une courte nuit dans un gîte en schiste, c’est le grand départ. La petite troupe s’élance sur un sentier de pierre, et le soleil est déjà haut. Première réflexion : Stevenson avait choisi l’automne pour voyager, pas les grosses chaleurs du mois de juillet. Un point pour lui !

Le village de Florac et la source du Pêcher, dans le Parc national des Cévennes


Un détour de 5 km

Le temps est splendide et l’ombre des châtaigniers salvatrice. Les enfants n’osent pas encore monter sur l’âne. Il faut dire que sur certains chemins caillouteux et étroits, les sabots ont tendance à glisser… Les vallées des Cévennes sont escarpées : impossible de trouver un terrain plat pour pique-niquer. Après une sieste à l’ombre des pins, nous repartons par un sentier de crête. Le panorama englobe la vallée Longue, la vallée du Luech et le mont Lozère. Un paysage sublime de vallées profondes couvertes de chênes verts, de châtaigniers et de pins. Soudain, un oeil jeté sur notre carte IGN nous alerte : nous faisons fausse route. Où donc est ce pylône que nous aurions dû laisser à main gauche ? On tourne la carte dans tous les sens. Les filles pleurnichent, elles fatiguent. L’âne ne veut pas faire demi-tour.

CARNET PRATIQUE

Le Chemin de Stevenson, TopoGuides (Réf. 700), éditions FFRP (2019) – GR 70 dans le Parc national des Cévennes : 272 km – 14 étapes. L’itinéraire peut se parcourir à pied, avec ou sans âne, à VTT ou à cheval.www.chemin-stevenson.org (site en français, anglais et allemand)

Gentiâne . Ce loueur d’ânes propose des circuits sur mesure pour les randonneurs, incluant la location d’ânes de randonnée, la réservation de gîtes d’étape, et tous les repas et paniers-repas.https://ane-et-randonnee.fr

l’itinéraire (m)
, die Strecke

se parcourir
, zurückgelegt werden

le circuit [siʀkɥi]
, der Rundweg

sur mesure
, nach Maß

le gîte d’étape
, die Wanderhütte, die Unterkunft

le panier-repas
, der Picknickkorb

la boucle
, die Rundstrecke

la veille [vɛj]
, am Tag vor

le préparatif
, die Vorbereitung

doux,ce [du,dus]
, sanft

la robe
, das Fell

la croix de Saint-André
, das Schulterkreuz

foncé,e
, dunkel

barrer
, zeichnen

bâter
, satteln

curer
, auskratzen

le sabot
, der Huf

la plaie [plɛ]
, die Wunde

le noeud [nø]
, der Knoten

attacher
, festbinden

le gîte
, die Herberge

s’élancer
, losgehen

le détour
, der Umweg

le châtaignier
, der Kastanienbaum

salvateur,trice
, lebensrettend

caillouteux,se [kajutø,øz]
, steinig

étroit,e
, eng

escarpé,e [ɛskaʀpe]
, steil

le pin
, die Kiefer, die Pinie

Le soleil tape de plus belle. Les affaires se corsent ! Il faut de la patience à tout le monde pour trouver le fameux pylône. Une interminable descente sur une route forestière nous conduit au gîte d’arrivée. Réglisse a bien mérité son seau d’eau et d’avoine. Et les filles, leur bain dans la piscine. Dure journée pour tout le monde : à cause de notre erreur d’orientation, on aura marché 15 km au lieu des 10 prévus ! La deuxième étape nous promet une montée dans les châtaigniers jusqu’à la crête en direction du Rey. Les enfants semblent moins marqués par l’effort de

la veille que leurs parents ! Réglisse a-t-il des courbatures ? Il ne dit rien. Il accepte son sort avec docilité. Bien sûr, il faut être ferme pour l’empêcher de brouter les herbes, sans quoi il s’arrêterait sans arrêt. Notre compagnon est si gourmand qu’il vous pousse pour goûter une fleur, au risque de nous précipiter au fond d’un ravin ! On se trouve parfois trop sévère avec lui. On repense alors à Stevenson, excédé par les caprices de son âne : « Modestine, possédée du démon, jeta son dévolu sur un chemin de traverse et refusa positivement de le quitter. Je laissai choir tous mes ballots et, j’ai honte de l’avouer, cognai par deux fois la coupable, en pleine figure. C’était pitoyable de la voir lever la tête, les yeux clos comme si elle attendait une autre correction. » Qu’on se rassure, nos rapports avec Réglisse sont moins durs ! Les enfants apprennent à l’apprivoiser. Andréa consent à monter sur son dos de temps en temps, mais pas notre petite Simone, trop impressionnée. Tant pis, c’est aux parents de jouer le rôle de porteur d’enfant. L’effort est compensé par de très belles vues sur les gorges cévenoles depuis le Ronc de Donabelle.

Notre auteur, Vincent Noyoux, sa compagne et leurs deux filles âgées de 3 et 6 ans, en pleine randonnée dans les Cévennes


Une nuit à la belle étoile

Les Cévennes n’ont pas tellement changé depuis l’époque de Stevenson. Elles étaient plus habitées à l’époque, elles sont désormais plus sauvages. Ce sont des collines touffues et encaissées. On y cultivait autrefois la châtaigne sur les terrasses aménagées dans les pentes. Au XVIIIe siècle, l’élevage du ver à soie fit la prospérité de la région. Les maisons s’agrandirent pour abriter des magnaneries, encore visibles. L’exode rural au XXe siècle a vidé la région, mais l’isolement des vallées et la création du Parc national des Cévennes en 1970 ont permis la conservation des vestiges du passé. Après 11 km de marche, Bernard Leroux, notre hôte au gîte du Rey, nous raconte l’histoire des Camisards, mais aussi des protestants d’aujourd’hui. « Ils sont encore très présents dans les Cévennes. Ils continuent d’aller au temple et de se faire enterrer dans leur jardin ». Cette dernière tradition remonte à la révocation de l’Édit de Nantes (1685), quand les protestants n’étaient pas admis dans les cimetières catholiques.

englober
, einschließen

sublime
, überwältigend

le chêne vert
, die Steineiche

alerter [alɛʀte]
, alarmieren

le pylône [pilon]
, der (Leitungs)Mast

pleurnicher [ploeʀniSe]
, quengeln

fatiguer
, müde werden

taper
, stechen

de plus belle [dəplybɛl]
, noch stärker

se corser [kOʀse]
, sich komplizieren

interminable
, endlos

d’arrivée
, Zielle

seau
, der Eimer

l’avoine (f)
, der Hafer

prévu,e
, geplant

marqué,e
, gezeichnet

la courbature
, der Muskelkater

le sort [sOʀ]
, das Schicksal

avec docilité
, willig

ferme [fɛʀm]
, bestimmt

brouter
, abweiden

gourmand,e
, gierig

goûter
, probieren, fressen

précipiter
, stürzen

le ravin
, die Schlucht

excédé,e
, zur Verzweiflung gebracht von

le caprice
, die Laune

jeter son dévolu sur qc
, ein Auge auf etw. werfen

le chemin de traverse
, der Querweg

laisser choir
, stehen lassen

le ballot [balo]
, das Bündel

cogner [kOɲe]
, schlagen

en pleine figure
, mitten ins Gesicht

pitoyable [pitwabl]
, mitleiderregend

qu’on se rassure
, keine Sorge

apprivoiser
, zähmen

consentir à
, einwilligen

tant pis [tãpi]
, dann eben nicht

la gorge [gOʀZ]
, die Schlucht

à l’époque
, damals

touffu,e
, dicht bewachsen

encaissé,e
, eingeschlossen

aménagé,e dans les pentes
, am Hang angelegt

l’élevage [lelvaZ](m)
, die Zucht

le ver à soie [vɛʀaswa]
, die Seidenraupe

faire la prospérité de qn
, jm zu Reichtum verhelfen

abriter
, unterbringen

la magnanerie [maɲanəʀi]
, die Seidenraupenzucht

l’exode [lɛgzOd](m) rural
, die Landflucht

le vestige [vɛstiZ]
, das Relikt

Notre yourte est si chaude qu’on préfère passer la nuit à la belle étoile. On fait bien : le ciel du Parc national des Cévennes a récemment été classé « Réserve internationale de ciel étoilé », devenant ainsi la plus grande réserve de ce type en Europe. Dans l’air frais de la nuit, la voie lactée nous hypnotise…

De l’eau et encore de l’eau

Notre troisième étape est placée sous le signe de l’eau. Il y a d’abord celle de la transpiration des parents, car il faut tout empaqueter et harnacher l’âne avant les grandes chaleurs. Nous voilà en nage avant d’avoir fait le premier pas ! Puis c’est l’eau du Dourdon où l’on se baigne à mi-parcours dans des vasques couleur menthe à l’eau. À peine sorti de la rivière, on est déjà sec. L’âne, lui, se rafraîchit à l’ombre d’un arbre. Notre petite troupe a trouvé sa vitesse de croisière. Les jambes sont fourbues mais avancent, le corps s’habitue à la canicule. Nous lisons mieux la carte, même si le doute est toujours permis : prendre à droite, à gauche ? Quant à l’âne, nous comprenons de mieux en mieux ses tocades. Il a tout simplement sa propre logique. Son confort dicte ses choix. Il préfère marcher à l’ombre, là où l’herbe est abondante. Il refuse de retourner sur ses pas : logique, il est censé avancer. Et il aime sentir un sol solide sous ses sabots. C’est pourquoi il préférera faire un détour plutôt que de s’engager sur une petite passerelle en bois.

Fin d’après-midi. Un pont de pierre enjambe la rivière et mène à une ferme fortifiée sur un roc. Desrestanques (terrasses) entourent ce promontoire habité, tout droit sorti du Moyen Âge. Les petites maisons en schiste oumaset du gîte du Lauzas se confondent avec la pierre. La châtaigneraie autour a disparu, mais nos hôtes la perpétuent à leur façon : le repas est entièrement fait à partir de châtaignes.

À table, on sympathise avec une autre famille accompagnée d’un âne. On partage les mêmes expériences : les sacoches qu’il faut sans cesse rééquilibrer, les erreurs d’orientation, et les caprices de l’âne.

Le soir, le ciel tonne. Un orage se prépare. Bientôt, des trombes d’eau s’abattent sur notre vallée encaissée. On parle d’« épisode cévenol » lorsque ces pluies sont provoquées par les nuages issus de la rencontre de l’air chaud venu de la Méditerranée et de l’air froid venant du Nord. Il peut tomber en quelques heures ou quelques jours l’équivalent de plusieurs mois de précipitations, entraînant de graves inondations, des coulées de boue et des glissements de terrain. Notre orage s’arrête durant la nuit.

Le ravin de l’Enfer

Le lendemain, nous quittons notre charmant petit bout du monde. Une longue étape nous attend. Hélas, nous nous égarons dès le début sur un sentier forestier. Difficile de manoeuvrer Réglisse sur la pente. Il faut grimper sous le soleil, puis dévaler des pentes raides en forêt, traverser des petits hameaux en pierre. Nos chemisettes sont à essorer. Une source naturelle nous offre son ombre et son eau providentielle. Puis, c’est encore une longue marche jusqu’au dernier obstacle : le ravin de l’Enfer. Le sentier longe un précipice aussi beau que dangereux jusqu’au hameau du Salson. Situé à mi-pente, au centre des terrasses cultivées, le hameau est le mode d’habitat le plus fréquent dans ces vallées isolées. Les enfants sont épuisés, les parents aussi. Même Réglisse soupire de soulagement quand on lui retire son bât. Horreur ! On découvre une plaie saignante sur son ventre. La lanière de son bât a frotté sans relâche toute la journée, et le pauvre a souffert le martyre sans rien dire. Un désinfectant calmera la plaie pendant la nuit. Au gîte, l’accueil est aussi chaleureux que la cuisine est bonne. Nous dînons devant le spectacle des collines enflammées par le coucher de soleil.

Notre dernière étape nous conduit à Castagnols, notre point de départ. Est-ce le relief plus plat ou l’expérience de ces dernières journées ? Nous avançons vite et bien en forêt jusqu’au col de Chalsio.

Trop vite, même. Nous voulons ralentir, retarder notre arrivée. L’âne fait des pauses contemplatives, Andréa sur son dos. Simone, qui n’avançait pas le premier jour, fait désormais les trois quarts de l’étape à pied. Nous rencontrons d’autres familles en âne sur la piste qui descend dans une belle forêt de hêtres face au mont Lozère. Un dernier regard aux petits hameaux noyés parmi les châtaigniers et les chênes verts, et nous atteignons l’arrivée. Épuisés, poussiéreux, mais heureux.

enterrer [ãteʀe]
, beerdigen

remonter à
, zurückgehen auf

la révocation
, der Widerruf

la réserve internationale de ciel étoilé
, das Lichtschutzgebiet

la voie lactée [vwalakte]
, die Milchstraße

empaqueter [ãpakte]
, verpacken

harnacher [aʀnaSe]
, anschirren

en nage
, schweißgebadet

la vasque
, die Gumpe

la vitesse de croisière
, der feste Rythmus

fourbu,e
, erschöpft;hier: müde

la canicule
, die Hitze

quant à… [kãta]
, was … betrifft

la tocade [tOkad]
, die Marotte

abondant,e
, üppig

retourner sur ses pas
, umkehren

être censé,e faire qc
, eigentlich etw. tun sollen

s’engager sur
,hier: gehen über

la passerelle [pasʀɛl]
, die Fußgängerbrücke

enjamber [ãZãbe]
, überspannen

fortifié,e
, befestigt

le promontoire
, das Vorgebirge

tout droit sorti,e de
, direkt aus

se confondre avec
, verschmelzen mit

la châtaigneraie
, der Kastanienwald

perpétuer [pɛʀpetɥe]
, fortbestehen lassen

la sacoche [sakOS]
, die Satteltasche

rééquilibrer [ʀeekilibʀe]
, wieder ins Gleichgewicht bringen

tonner [tOne]
, donnern

les trombes (f) d’eau s’abattent
, es schüttet

la précipitation
, der Niederschlag

entraîner
, mit sich bringen

l’inondation (f)
, die Überschwemmung

la coulée de boue [bu]
, die Schlammlawine

le glissement de terrain
, der Erdrutsch

hélas [elAs]
, leider

s’égarer
, sich verlaufen

dévaler
, schnell hinunterlaufen

la chemisette
, das kurzärmelige Hemd

essorer [esOʀe]
, auswringen

la source
, die Quelle

providentiel,le
, vom Himmel gesandt

l’obstacle [lOpstakl](m)
, das Hindernis

le précipice
, der Abgrund

cultivé,e
, bearbeitet, bepflanzt

soupirer
, seufzen

le soulagement
, die Erleichterung

la plaie [plɛ]
, die Wunde

la lanière [lanjɛʀ]
, der Riemen

frotter
, reiben

sans relâche
, ununterbrochen

enflammé,e
, brennend

le relief [ʀəljɛf]
, die Oberflächengestalt

le col [kOl]
, der Pass

Fotos: Didier Zylberyng/Alamy Stock Photo (2); Vincent Noyoux

C’est avec son ânesse Modestine que Robert Louis Stevenson partit découvrir les Cévennes, il y a un peu plus de 140 ans. Depuis, l’âne est devenu l’animal de compagnie des randonneurs du GR 70.


Ci-dessus et ci-dessous : la Fête de la transhumance, pratique vieille de 4 000 ans, rassemble chaque année des troupeaux de vaches mais surtout des milliers de brebis portant des pompons colorés et des cloches.


Un peu tristes aussi au moment de dire adieu au brave Réglisse. Andréa est en larmes. Simone le caresse tendrement, elle n’a plus peur de ses sabots ni de ses coups de queue. Nous avons réussi notre petit défi familial. Nous avons aussi découvert une région superbe, préservée et même classée, depuis le fond de ses vallées jusqu’à son ciel étoilé. Un morceau de France miraculeusement oublié du « développement et de l’aménagement du territoire ». Une terre d’aventures, en somme. Même pour une famille de citadins.

Le Parc national des Cévennes compte 5 000 kilomètres d’itinéraires balisés.


Ci-contre : la grotte de Dargilan, située sur le causse Noir et découverte en 1881 par un berger


le hêtre [ɛtʀ]
, die Buche

noyé,e [nwaje]
, versunken, verloren

poussiéreux,se
, staubig

le coup de queue [kudkø]
, der Schlag mit dem Schwanz

le défi
, die Herausforderung

classé,e
, klassifiziert

miraculeusement [miʀakylozmã]
, auf wundersame Weise

l’aménagement (m) du territoire
, die Raumordnung


Fotos: Lozere Image/Alamy Stock Photo; Vincent Noyoux

Fotos: Dominique Delfino, Pierre Jacques/hemis.fr/laif (2); Jon Sparks/Alamy Stock Photo

Fotos: Jon Sparks/Alamy Stock Photo; Vincent Noyoux

Fotos: Herve Lenain/Alamy Stock Photo; Vincent Noyoux